Bien débuter sur les marchés boursiers

débuter en bourse

Les termes « la bourse« , « marchés financiers« , « dividende« , « actions » représentent pour vous le mal absolu ? Vous vous dites que tout actionnaire est forcément « mauvais » ou « privilégié » et devrait terminer au bûcher ? Rassurez-vous, vous êtes en France. Comme vous n’avez surement pas les mêmes moyens que les « vilains capitalistes » et que vous ne pouvez surement pas vous exiler à l’étranger, pourquoi ne pas essayer tout simplement de revoir votre position sur « la bourse » ?

Car, oui, cela peut surprendre, mais « la bourse » n’est pas réservée à une élite. Les dividendes et les plus-values non plus d’ailleurs. Bien sur il sera difficile (pour ne pas dire impossible) de devenir millionnaire avec un faible capital de départ. Pour autant, où est le mal lorsqu’il s’agit d’investir (je ne parle pas de spéculation) dans des entreprises ?

Voici donc un petit tour d’horizon des point importants pour bien débuter (et dédiaboliser) « la bourse ». Mais avant de commencer, simplifions quelques petites choses.

Lexique utile et simplifié
  • marché boursier : il s’agit du lieu où est côté une action. Il en existe un grand nombre à travers le monde. En France, il s’agit d’Euronext Paris, plus communément dénommé « Bourse de Paris ».
  • indice boursier : un indice n’est autre qu’une « liste » regroupant plusieurs sociétés triées selon différents critères. Le principal indice boursier français est le CAC 40. Il regroupe les 40 plus grosses sociétés françaises par leur capitalisation boursière.
  • action : un action est une part d’une entreprise. Lorsque vous en achetez une, vous devenez actionnaire (propriétaire… à votre modeste niveau) de la société en question. Une action donne un droit de vote lors des assemblées générales. Elle donne également le droit de perception du dividende si la société en verse un.
  • capitalisation boursière : il s’agit de la valeur de la société. C’est la somme minimale que devrait débourser un concurrent souhaitant acheter la totalité des actions d’une société. La capitalisation se calcul en multipliant le nombre d’action d’une société par son cours de bourse à un moment T.
  • courtier : un courtier est une société proposant à ses clients d’investir sur les marchés financiers.
  • dividende : somme que peut décider de verser une société à ses actionnaires. Une société peut ne pas distribuer de dividende.
  • PEA : le Plan d’Epargne en Actions est un support d’investissement français offrant des avantages fiscaux mais aussi quelques limitations dans son utilisation. Il ne peut-être ouvert que par une personne majeure résident fiscal en France. Une personne ne peut déténir qu’un seul PEA.
  • CTO : le Compte Titres Ordinaires est le cousin du PEA. Il permet théoriquement d’investir sur n’importe quel marché mondial, mais n’offre pas les avantages fiscaux du PEA. Il peut être ouvert par n’importe qui, y compris au nom d’un mineur. Chaque investisseur peut détenir autant de CTO qu’il le désire.
Avant de lancer dans « la bourse »

Maintenant qu’ont été définis les principaux termes basiques de « la bourse », il convient de se pencher sur les pré-requis avant de se lancer dans l’aventure. Car investir sur les marchés boursiers, ce n’est pas quelque chose qui se décrète comme ça, le matin en se levant.

Non, cela demande une certaine réflexion, mais aussi quelques connaissances de base, auxquelles s’ajoutent des mesures de précaution absolument nécessaires. Car la bourse ce n’est pas tout beau tout rose et tout facile. Il y a forcément des déconvenues ainsi que des moments de doutes. Si il est relativement aisé de bien s’en sortir moralement lorsque les marché monte, les choses peuvent facilement se gâter dès lors qu’il se met à descendre.Il faut donc mettre en place quelques « gardes-fous » réels et psychologiques.

  • prévoir une épargne de sécurité minimale d’au moins 3 mois de salaire (ou 6 mois de dépenses)
    • cela sera très utile en cas de coups dur
  • ne jamais investir de l’argent qui pourrait être nécessaire dans un avenir proche
    • si vous comptez changer de voiture dans six mois, ne placez pas votre apport en bourse
  • n’investir que de l’argent que vous pouvez vous permettre de perdre sans que cela ne vous mette en difficultés
    • il est plus facile (psychologiquement) de perdre quelque chose dont vous n’avez pas un besoin vital
  • ne pas se laisser berner par des propos trop beaux pour être vrais
    • obtenir un rendement de 10% (où même 5%) par mois sans aucun risque est TOTALEMENT IMPOSSIBLE
  • toujours garder à l’esprit que l’investissement boursier présente un risque de perte en capital
    • votre investissement de départ n’est ABSOLUMENT PAS garanti

Partant de là, si vous avez déjà du mal à épargner de l’argent régulièrement et que vous n’avez aucune (ou très peu) d’épargne de sécurité, il conviendra de ne pas investir. Que ce soit en bourse ou sur n’importe quel autre support existant. Si le simple fait de pense que vous pouvez perdre de l’argent vous chagrine, passez également votre chemin. Orientez-vous alors plutôt vers l’épargne sécurisée : Livret A, LDDS, voir Assurance Vie en fonds euros.

Quelle stratégie et quel courtier choisir ?

La stratégie choisie dépendra des résultats que vous souhaitez obtenir, des moyens que vous mettrez en oeuvre pour y parvenir, mais aussi de votre propre approche psychologique des marchés.

  • L’investisseur souhaitant passer un minimum de temps à gérer ses investissement choisira une stratégie dite de gestion passive (ou lazy) via des ETF.
  • Le buy and hold (littéralement « acheter et conserver« ) conviendra à l’investisseur souhaitant ne pas passer trop de temps dans la gestion de son portefeuille tout en investissant sur des sociétés théoriquement solides et offrant un dividende régulier et intéressant.
  • La dual guidance, que j’ai moi-même mis en place permettra de concilier rendement et sécurité. Elle demandera par contre un peu plus de temps à mettre en place et de suivi dans le temps. Elle utilise en outre un produit dérivé (les bonus cappés) nécessitant la possession d’un CTO.
  • Et encore bien d’autres, tel que par exemple le dual momentum

Une fois la stratégie choisie (ou même inventée comme c’est mon cas avec la dual guidance) et réfléchie, le moment est alors venu de choisir son courtier. A ce niveau là, vous retrouvez deux types de sociétés. Les banques traditionnelles et les intervenants en ligne indépendants. Si chacun fait son choix selon ses propres critères, je recommande plutôt les indépendants en ligne. Les tarifs sont bien plus faibles sans pour autant, globalement, renier sur le service.

Personnellement je dispose de mon PEA, ainsi que de mon CTO et de celui ma fille mineure, chez Bourse Direct. Les autres principaux acteurs en ligne sur le marché français sont Boursorama, Binck, De Giro (ne propose pas le PEA au moment où j’écris ces lignes), ou encore Fortuneo.

à noter : Généralement chaque courtier propose des offres de parrainage. Il s’agit habituellement soit d’un versement de quelques dizaines d’euros sur le compte (PEA ou CTO) soit d’ordres de bourse gratuits. En ce qui me concerne je peux parrainer de nouveaux clients chez Bourse Direct.

Se lancer à proprement parlé

Votre PEA et/ou CTO est ouvert et vous y avez effectué le premier dépôt. Cela fait maintenant quelques temps que vous chinez conseils et informations à gauche et à à droite. Le moment est donc venu de devenir un « méchant » actionnaire « avide de profits » et « profiteur du dur labeur du bas peuple exploité (dont je fais moi-même partie) ».

Il va désormais falloir vous faire violence afin de bien suivre la ligne de conduite dictée par la stratégie que vous avez décidé d’appliquer. Fort heureusement, une stratégie ça se change. Seul le temps et la pratique pourront valider ou infirmer vos choix. N’hésitez donc pas à changer de cap si vous sentez que ce que vous mettez en application ne vous correspond finalement pas vraiment.

Il est également important de pouvoir échanger avec d’autres personnes. En particulier lorsque l’on débute. Que ce soit en bourse ou dans n’importe quel autre domaine. Je conseille donc un forum francophone (dont je suis moi-même membre) particulièrement riche en informations de qualité dans les domaines de la bourse mais aussi de l’immobilier  : le forum des Investisseurs Heureux.

Les aprioris bien français sur « la bourse » ?

Vous l’aurez surement noté, je reprends par moments quelques aprioris bien tranchés sur l’investissement boursier. Je trouve qu’en France la culture financière est vraiment très réduite, pour ne pas dire inexistante. Cela entraîne le fait que certains préjugés aient la vie dure.

Non, le terme « dividende » n’et pas un gros mot. J’en touche moi-même quelques uns. Pas de quoi me rendre riche (loin de là), mais je ne me considère pas pour autant comme un profiteur. J’investis dans des sociétés, chose qui est à la portée du premier quidam venu. Y compris de ceux qui se plaignent, par exemple, de ces dividendes.

Est-ce que je soutiens pour autant toutes politiques menée par les sociétés dans lesquelles j’investis ? Bien sur que non. Mais est-ce une raison pour ne pas investir ?
Les grandes sociétés ont souvent le monopole des assertions négatives. Mais est-ce bien mieux ailleurs ? Est-ce que le boulanger du centre ville est décrié parce qu’il n’a aucune considération pour ses employés ? Le boucher du bout de la rue est-il vilipendé parce que la viande qu’il vend est originaire d’élevages industriels ? Est-ce que le fleuriste du coin est mal vu parce qu’il vends des fleurs en plastique fabriquées en Chine ?
Certes, je raisonne là par l’absurde. Mais je démontre tout de même que tout n’est jamais tout noir ni tout blanc.

En France, l’investissement boursier n’est pas reconnu. Il est soit disant réservé aux « riches ». Et bien non, ce n’est pas la réalité. Certes l’ouvrier au SMIC ne deviendra pas riche grâce à la bourse. Mais si il peut, au fil des ans, se créer un petit pécule pour égayer se fins de mois, voir sa retraite. Dès lors devrait-il s’en priver uniquement parce que la culture financière (en France) est clairement sous-développée ?

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