Livret A et Bonus Cappés : le couple parfait

Aujourd’hui un petit focus sur le couple parfait formé par le placement garanti et sécurisé par excellence (le Livret A) et un investissement non garanti et non sécurisé (les bonus cappés). A la lecture de cette seule première phrase il ne fait aucun doute que le premier est sans risque. Le second, lui, doit déjà faire se hérisser quelques poils. Pourtant, des risques il faut parfois savoir en prendre. Ils doivent être mesurés, mais doivent exister tout de même.

Livret et Bonus Cappés : de quoi s’agit-il ?
  • Livret A : Il s’agit du placement bancaire préféré des français. Sécurisé, garanti et sans imposition, il délivre aujourd’hui un rendement annuel de 0,75%. Les fonds déposés dessus sont immédiatement disponibles. Le Livret A est plafonné à 22950€. Il s’agit là du placement « pépère » par excellence. Il est idéal pour conserver quelques milliers d’euros d’épargne de secours.
  • Bonus Cappés : Il ne s’agit pas là d’un placement, mais d’un investissement boursier. Cela sous-entends que les sommes investies ne sont nullement garanties et qu’il y a un risque de perte en capital. Tout ceci ne semble, à première vue, pas très engageant… Pourtant, les bonus cappés présentent à mon sens beaucoup moins de risques les action elle-mêmes, à conditions qu’ils soient bien choisis. Ils ont un profil d’investissement que je qualifierai de « défensif ». Leur rendement n’est en rien garanti. Il peut donc être négatif (perte d’argent). Il s’agit néanmoins d’un excellent produit pour faire croitre son patrimoine financier tout en limitant les risques liés à « la bourse ».
Le couple parfait ?

A mon sens, oui, sans aucun problème. Je parle là du Livret A car il s’agit du plus connu des livrets. Pour autant, n’importe quel autre livret sécurisé, garanti et liquide peut remplacer le « LA ». Seuls le rendement et l’imposition varieront. Le but du Livret A (ou tout autre livret aux caractéristiques semblables) est de conserver une épargne de secours immédiatement disponible. Il ne s’agit pas là de gagner d’argent avec. Les intérêts annuels doivent être vus comme une « compensation » de l’inflation et rien de plus.
En ce qui concerne les Bonus Cappés, ce sont eux qui doivent faire gagner de l’argent, tout en limitant les risques. Notons bien que « limiter les risques » ne signifie en aucun cas « exclure tout les risques ». Un investissement boursier reste par définition non garanti. Il convient donc, y compris avec les bonus cappés, de n’investir que de l’argent non nécessaire à moyen terme.

Quelle répartition entre chacun d’eux ?

Il est généralement conseillé de conserver une épargne de secours d’au moins trois à six mois de revenus.
Personnellement j’adopte un système différent mais aussi plus compliqué. J’estime les besoins financiers qui me sont nécessaires afin de faire face à une multitude de dépenses (courantes et non courantes) simultanées. J’additionne le tout et obtient le minimum de fonds nécessaires afin de tout couvrir dans le cas très exceptionnel où tout me tomberait sur le coin du nez en même temps. Ensuite j’applique un coefficient à chaque besoin.

  • si j’estime qu’il me faudra, d’ici 5 ans, 8000€ pour changer de voiture et que je possède aujourd’hui une voiture neuve, il n’est pas nécessaire d’avoir les 8000€ immédiatement. Je mets donc à cette prévision de dépense un coefficient de 0,25 car elle est « non urgente ». Inversement, si chaque mois je dois sortir 300€ de ma poche pour la nounou de ma fille, alors provisionne une somme de 300€ « au cas où » avec le coefficient 1 car c’est une dépense qui peut s’avérer « urgente ».

J’ai nommé cet indice personnel l’Indice de Sécurité Financière. Afin d’assurer une sécurité financière optimale, il convient que l’indice non coefficienté soit égal à 1. Il faut au minimum, pour assurer une sécurité financière relative, que l’indice coefficienté soit au moins égal à 1. Ainsi, à titre personnel, mon Indice de Sécurité Financière non coefficienté est de 0,95. La version coefficientée de l’indice s’élève à 2,20. Je suis donc très serein niveau sécurité financière. A noter que dans mon cas (qui diffèrera selon chacun) cette sécurité financière optimale équivaut à environ 6 mois de revenus de mon couple.

Une fois le niveau d’épargne de secours jugé satisfaisant, il est tout à fait envisageable de commencer à investir en bonus cappés (ou autre produits le cas échéant). En ce qui me concerne j’ai commencé à investir avant même d’avoir atteint un niveau de sécurité financière optimal. C’est un risque que j’ai choisi de prendre et qui s’est finalement avéré payant. Dès lors que le niveau de sécurité financière est maintenu à son niveau optimal, il n’y a pas vraiment de répartition de répartition conseillée. Avoir 90% de ses fonds d’investis dès lors que l’épargne de secours est bien constituée sera selon moi toujours préférable à une répartition à 50/50 mais avec une épargne de secours jugée trop faible.

Que peuvent rapporter les bonus cappés ?

Tout dépend de chacun. L’investisseur qui décidera de prendre un maximum de risques pourra réaliser de très grosses performances, mais cela se fera au prix de positions très spéculatives. Dans le cadre de positions plus sécurisées et prises sur la durée (en général de quelques mois à un an), il est tout fait possible de réaliser du 5 ou 6% brut annuel dans le cas où les marchés ne connaitraient (au pire) qu’une baisse modérée disons d’une vingtaine de pourcents.

Personnellement, j’adopte une stratégie assez agressive depuis début 2018. Je me positionne quasiment exclusivement sur des sociétés solides, et je ne prends que des positions offrant des caractéristiques sécurisées. Le risque de perte est toujours présent, mais réduit. Le côté agressif de ma stratégie vient du fait que j’ai un gros turn over dans les positions. Je ne le conserve en moyenne (sur 2018) que 32 jours chacune, et je revend dès lors que je réalise un gain brut d’environ 2%, quitte à revenir sur une position quelques temps plus tard au bénéfice d’une baisse du marché.

Au 11 mai 2018, cela me permet d’obtenir sur mes positions clôturées en 2018 (soit 58 positions), les caractéristiques suivantes :

  • conservation moyenne de 32,43 jours
  • gain brut moyen (par période de 32,68 jours) de 1,98%
  • gain net moyen (par période de 32,68 jours) de 1,46%
  • gain net annualisé de 16,39%
  • 98,27% de positions gagnantes (57 revendues en plus-value pour une seule en moins value)

Au 11 mai 2018, cela me permet d’obtenir sur mes positions clôturées depuis mai 2016 (soit 94 positions), les caractéristiques suivantes :

  • conservation moyenne de 46,19 jours
  • gain brut moyen (par période de 46,19 jours) de 3,03%
  • gain net moyen (par période de 46,19 jours) de 2,35%
  • gain net annualisé de 18,60%
  • 98,94% de positions gagnantes (93 revendues en plus-value pour une seule en moins value)
Pourquoi les bonus cappés plutôt qu’un autre produit ?

Tout simplement parce que (de mon point de vue) les bonus cappés sont des produits offrant un excellent couple risque / rendement. D’ailleurs, leur fonctionnement est relativement simple à comprendre comparé à de nombreux autres produits boursiers.

Pour résumer

Le Livret A est idéal pour placer un minimum de trois à six mois de revenus en guise d’épargne de secours. L’ouverture d’un Livret d’Epargne Populaire (rendement de 1,25%) est possible sous conditions. Il remplacera ou complètera le Livret A.

En parallèle à ce compte de « placement », l’ouverture d’un Compte Titres Ordinaire (CTO) permettra d’investir sur des produits tels que les bonus cappés.

La fiscalité

Le Livret A est un placement défiscalisé. Inversement, le CTO est lui fiscalisé. Cela signifie que les plus-values réalisées sur les bonus cappés (comme sur n’importe quel autre produit logé en CTO).

Aussi, les bonus cappés peuvent se voir appliquer deux types de fiscalités.

  • Si le produit est revendu avant son échéance, les plus-values seront imposées au même titre que les actions. C’est à dire que si le TMI (taux marginal d’imposition) est de 0% (vous ne payez pas d’impôts sur le revenu), alors les bonus cappés ne seront soumis qu’aux 17,2% de prélèvement sociaux. Dans le cas où le détenteur d’un bonus cappé est soumis à l’impôt sur le revenu, alors il est préférable d’opter pour le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU). Ce disposition en place depuis début 2018 permet aux investisseursayant un TMI d’au moins 14% d’être moins imposés sur leurs revenus du capital.
  • Lorsque le produit est conservé jusqu’à échéance, c’est alors la fiscalité des obligations qui s’applique. Personnellement je ne conserve jamais mes bonus cappés jusqu’à échéance. Je ne suis donc pas très au fait des détails fiscaux s’appliquant dans ce cas.

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