Guerre commerciale : Qui a la plus grosse ?

Guerre commerciale – Les Etat-Unis, la Chine et accessoirement l’Europe jouent depuis quelques semaines à un jeu potentiellement dangereux : celui qui a la plus grosse. La plus grosse quoi ? La plus grosse forcé de caractère bien sûr.

Lancée à l’initiative de Donald, cette nouvelle partie de poker menteur commence à prendre une sacrée ampleur. En effet, sous couvert de protéger les industries US des produits provenant d’autres pays, c’est une véritable guerre commerciale qui s’annonce. Si nous étions dans une cours d’école nous parlerions simplement de « chamailleries » enfantines entre l’auto-proclamé « plus fort » de la cours, son « challenger » chinois et le « presque inaudible » européen.

Poker menteur ?

Ma boule de cristal n’étant toujours pas réparée (le sera-t-elle seulement un jour ?), je ne suis pas en mesure de prédire l’avenir. Je ne peux que donner mon avis  personnel, qui vaut ce qu’il vaut.

Je pense donc que tout ceci n’est qu’une vaste blague. Un peu du même style que les péripéties entre Donald et Jong-Un. Les deux ne pouvaient pas passer une seule journée à jouer, là encore, à « qui a la plus grosse » (bombe nucléaire) et v’là ti pas qu’ils sont aujourd’hui devenus les meilleurs amis du monde… Bon, j’exagère un peu, mais l’idée est là quand même.

C’est au point que certains experts et spécialistes nous présentaient la troisième guerre mondiale pour le lendemain matin. Au final nous n’avons eu le droit (et c’est tant mieux ainsi) qu’à un bon gros pétard mouillé.

J’estime que ces querelles commerciales vont se terminer de la même façon… Par un bon gueuleton entre protagonistes, lesquels annonceront d’un commun accord que tout est réglé, qu’ils nous ont bien pris pour des tapas et que la croissance mondiale est finalement sauvée grâce aux efforts consentis par chacun. Et au final, nous serons simplement revenus au point de départ.

Je ne dis pas que tout ceci va se régler d’ici demain matin. Pas du tout. Il faut que ça dure quelques temps. C’est le minimum pour que chacun puisse par la suite se vanter d’avoir gagné et d’avoir tenu bon. Le propre des hommes politiques étant tout de même de se faire réélire. Et pour cela ils doivent montrer qu’ils ont la plus grosse impressionner leurs z’électeurs.

Comme le dit l’adage : à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire

Les forces en présence
  • Donald (leader du pays de Mickey) : Il va tenir bon. C’est la seule ligne qu’il puisse suivre afin de sauver la face aux yeux de ses électeurs. Le bras de fer est probablement son activité favorite. Il attendra que son adversaire fasse mine de flancher avant de faire de menues concessions. Il pourra ainsi se présenter comme ayant remporter cette bataille. Mais attention, la Chine ce n’est pas la Corée du Nord.
  • Jinping (leader communiste) : Les États-Unis représentent un tel débouché pour son économie qu’il ne pourra pas tenir une guerre commerciale de façon infinie. Il possède par contre un formidable moyen de pression sur Donald… la dette américaine, dont il est le principal détenteur. Jinping ne pourra pas gagner la guerre commerciale face à Donald. Par contre, il peut la transformer en guerre économique… et là, il pourrait bien avoir un léger ascendant.
  • Angela, Emmanuel, Theresa, Giuseppe, Justin (leaders inaudibles) : Ils subissent. Encaissent les coups. Réagissent mais pas trop. Montrent un peu les crocs de temps en temps. Mais ils sont trop inaudibles pour pouvoir peser de façon certaine sur ce conflit.
Le scénario (en 10 actes) de la guerre commerciale
  • Donald s’emballe et se lance dans la défense de la veuve et de l’orphelin de l’économie et de l’industrie US. C’est dans son programme électoral. On ne pourra pas lui reprocher de ne pas avoir tenu ses engagements.
  • La Chine et l’Europe réagissent plus ou moins au quart de tour. Hors de question de se laisser faire. Nous préservons nous aussi nos intérêts nous présentons en sauveurs de l’équilibre commercial mondial.
  • Les médias s’en mêlent. Ils nous affirment qu’on va prendre cher et que c’est la fin des haricots que la croissance mondiale risque d’en prendre un sacré coups.
  • Devant une bonne bouffe les risques possible pour tous, les principaux protagonistes annoncent avoir engagé d’intenses tractations pour préparer le menu du prochain repas de famille sauver les meubles. La situation se détend.
  • Finalement Donald, Jinping et les autres ne sont pas parvenus à se mettre d’accord. Les US voulaient un triple cheese, les chinois des nems. Les autres ont proposé de faire ça chez Quick… La guerre commerciale est relancée de plus belle, chacun revois ses exigences à la hausse.
  • Chacun menace de mettre ses menaces à exécution. Les US vont finalement taxer l’acier et les automobiles. Les chinois on ne sait pas trop, mais ça va coûter bonbon à Donald. Les européens le bourbon, les jeans et les motos.
  • Après les menaces, l’action. Chacun commence à entrer dans le vif du sujet. Les barrières douanières se renforcent. Chacun cri au scandale et se défausse sur le copain d’en face. La situation se bloque. Les US ne peuvent accepter que la prochaine orgie ai lieu chez Quick. Les chinois imposent que les caisses enregistreuses viennent de chez eux, et les européens n’ont plus les moyen de fournir le bourbon…
  • Les médias s’en donnent à cœur joie. La guerre commerciale est lancée. Les spécialistes et experts pseudo-diplômés en économie sortis des grandes écoles sont lâchés à l’antenne.
  • Une nouvelle rencontres des protagonistes a lieu. Ils doivent trouver des solutions au plus vite pour résoudre la crise qu’ils ont eux-mêmes déclenché. Ils se mettent d’accord. Le gueuleton se fera finalement au Ritz. La panse bien remplie, ils profitent de la digestion pour annoncer un accord. Le commerce mondial est sauvé, la vie est belle.
  • Chacun rentre fièrement dans son pays, triomphant. Tous se vantent d’avoir fait plier le camarade d’en face et d’être le sauveur du commerce international. Les conseillers de chacun se rencontrent afin de commencer à organiser la prochaine crise mondiale.
Conséquences financières

Forcément, tout ceci à des conséquences financières. Les marché boursiers baissent sérieusement. Effectivement, nous n’en sommes pas encore au point de parler de krach boursier (loin de là), mais je pense que cela peut offrir quelques opportunités sur certains titres particulièrement touchés ces dernières semaines.

Bien sûr, cette possibilité de voir quelques opportunités apparaître dépends totalement de la vision de chacun vis à vis de cette crise. À titre personnel, je me contente de poursuivre sur ma stratégie actuelle.

Le debrief

J’admets volontiers un peu de mauvaise foi dans mon scénario ci-dessus. En particulier en ce qui concerne les nems (qui à la base ne sont pas chinois) et Quick (qui n’existe plus vraiment).

Pour le reste, je pense que toute cette crise est voulue. À moins d’être la moitié d’un oignon, je ne vois pas comment ces chefs d’États entourés de hordes de conseillés aux dents longues et crochues ne verraient pas qu’ils vont droit dans le mur et qu’il ne peut pas y avoir de gagnant dans pareil conflit commercial.

Tout ceci me paraît bien trop gros pour n’être que le fruit du hasard et surtout pour ne pas avoir été déjà solutionné depuis des semaines.

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