Bonus cappés – Renault : des fautes d’investissement

bonus cappés - Renault : faute d'investissement

Renault est le principal sous-jacent sur lequel je suis positionné via mes bonus cappés. Jusqu’à il y a quelques minutes, je possédais trois lignes sur le constructeur automobile français. Malheureusement, un arbitrage a été nécessaire du fait de fautes d’investissement de ma part. En effet, depuis moins de deux mois, le titre est en chute libre. Il affiche actuellement -25% depuis ses plus hauts.

Ma position vendue (bonus cappé 6617C) se rapprochait grandement de sa borne basse. La distance à celle-ci n’était plus que de 5,3%. Dans le contexte actuel de guerre économique, j’ai décidé de couper mes pertes. Ma moins-value sur cette position est de -16,56%.
Le bonus cappé cotant actuellement environ 7% plus haut que le sous-jacent lui-même, si la borne basse avait été touchée alors j’aurais alors enregistré une perte supplémentaire de 13%. Je n’ai pas voulu prendre ce risque.
Je reste positionné sur mes deux autres bonus cappés de la marque au losange, lesquels ont des bornes basses situées respectivement à 65 et 66€.

Remise en question

Cette déconvenue, la deuxième en quelques semaines seulement après la chute du cours du sous-jacent Casino, m’amène à me poser des questions sur la pertinence des bonus cappés. Ils sont la base de ma stratégie d’investissement, ce qui est donc lourd de sens pour moi.

Je n’avais, jusqu’à cette première fois avec le distributeur installé à Saint-Etienne, jamais été confronté à ce problème avec mes bonus cappés : le combiné borne basse + date d’échéance me pose un gros soucis lorsque cette première est approchée de trop près.
Sur une action détenue en direct, je me sais capable de conserver une position même lorsqu’elle affiche une forte moins-value. Particulièrement quand j’ai toute confiance dans la société sous-jacente (c’est le cas pour la marque au losange). La baisse actuelle est le résultat des velléités commerciales du moment. Aussi, dans ce cas je sais me montrer patient, ayant tout le temps d’attendre que le cours remonte. Sauf qu’avec les bonus cappés ce n’est pas possible… du fait de la date d’échéance.

Solutions envisagées

Je n’en ai, pour le moment encore, pas encore la moindre idée. La problématique vient de la construction même du produit bonus cappé. Il va sans dire que quelque soit la piste choisie, ma stratégie d’investissement va devoir évoluer. J’estime qu’il n’est pas opportun de devoir vendre à la baisse comme j’ai du le faire ce jour. La réflexion est lancée.

Des fautes d’investissement payées cash

Il est évident que je suis entièrement responsable de cette situation. Me défausser sur la structure même des bonus cappés serait purement idiot. J’ai commis des fautes d’investissement, dont voici les principales :

  • achat / revente trop rapide de mes bonus cappés dès qu’il y avait environ 2% de gain. Si ce n’est pas une erreur à proprement parlé, c’est une prise de risque manifeste qui fait me perdre une certaine quantité de marge à la borne basse.
    En d’autres termes, si jamais conservé des positions dont la borne basse se situait aux alentours de 60/63€ plutôt que de vouloir à tout prix suivre la hausse du sous-jacent, j’aurais encore de la marge pour absorber la chute du cours.
  • achat sur des points hauts sans me justement me préoccuper du cours du moment. Trop focalisé sur la « sécurité » offerte par les bonus cappés, je n’ai pas su faire preuve de patiente dans l’achat de mes positions. En période de volatilité, il ne m’aurait pas coûté grand chose d’attendre ne serait-ce qu’une petite correction avant de me positionner. Sans aller jusqu’à faire du market timing… juste ne pas investir sur des plus hauts en me disant « pas grave, j’ai de la marge« .
Une fatale fatalité ?

Il y a une seconde position sur laquelle la borne basse se rapproche également sérieusement : Saint-Gobain (bonus cappés 586RZ). Cette fois-ci, je n’ai pas cherché à suivre la hausse du sous-jacent et donc aucune faute d’investissement à me reprocher. Pourtant, le sous-jacent s’érode tout doucement (-25,50% en huit mois). Il ne me reste que 8,4% de marge sur ma position la plus « à risque » du moment (borne basse à 35€).

Là encore, comme avec le fabriquant de la Twingo, si la baisse se poursuis je vais devoir prendre mes pertes… sur un point bas. Chose qui ne me convient absolument pas et qui ne pourra que renforcer mon besoin de remise en question.

La Dual Guidance dans tout ça ?

Je n’envisage pas de changer in fine de stratégie d’investissement. En effet, les bonus cappés restent un produit que j’apprécie particulièrement. Comme évoqué ci-dessus, je vais tout de même envisager quelques ajustements de fond. Pas de révolution donc, mais très certainement des évolutions.

Une bonne expérience

C’est en commettant des erreurs qu’on apprends. J’en ai commise, à moi d’en tirer les conclusions qui s’imposent afin de ne pas les commettre une nouvelle fois. Même si il n’est jamais agréable de perdre, c’est parfois nécessaire. Accepter une perte est un excellent moyen pour retrouver une certaine humilité et pour continuer à progresser en tant qu’investisseur.

2 commentaires sur “Bonus cappés – Renault : des fautes d’investissement”

  1. Bonjour,

    J’ai pas mal pratiqué les bons cappés de 2009 à 2016, et suite à une grosse déconvenue sur les warrants j’ai décidé d’arrêter les produits dérivés.

    A la lecture d’un de vos récents articles sur les bonus cappés, je me suis dit que je pourrais peut-être m’y remettre en étant prudent.

    Je profitais qu’aujourd’hui je ne travaille pas pour filtrer les bonus cappés (pour l’instant ceux de commerzbank) qui correspondent à vos règles de dual guidance afin de ré-étudier la chose.

    Je tombe sur votre message, et je me reconnais parfaitement dans votre expérience récente : on achète un bonus cappé, on se dit qu’on a une grosse marge, que ça peut baisser mais qu’on est tranquille. Mais ça continue de baisser … et on finit par vendre au pire moment, voire à toucher la barrière … tout ça je l’ai vécu.

    Il n’empêche, je viens de faire le bilan de mes 8 années d’exposition aux bonus cappés, et je suis positif sur la période :

    PV = +14031.94 en 153 opérations
    MV = -9226.67 en 38 opérations

    Le bilan est positif, par contre la perte moyenne (243 EUR) est bien plus importante que le gain moyen (92 EUR), preuve selon moi d’une (très) mauvaise gestion du risque.

    Piste de réflexion :
    – un moyen rapide de valider si le moment est opportun pour acheter : le site tradingsat qui indique les résistances et les supports majeurs ainsi que les tendances court, moyen et long terme
    Exemples :
    https://www.tradingsat.com/air-france-klm-FR0000031122/graphique.html#fv-submenu
    proche de gros support mais tendance baissière (et surtout extrêmement volatile, donc pas adapté selon moi)

    https://www.tradingsat.com/air-liquide-FR0000120073/graphique.html#fv-submenu
    proche d’une grosse résistance, par contre présente un grande sécurité à la baisse => possibilité d’acheter 960FZ sur repli

    https://www.tradingsat.com/airbus-group-NL0000235190/graphique.html#fv-submenu
    proche d’un résistance, mais le support majeur (68 eur) trop porche de la borne de 65 pour le bonus cappés 749ZZ

    Je serais heureux de poursuivre cette discussion pour progresser sur cette problématique.

    1. Bonjour Jean,

      En général je ne me préoccupe guère des resistances en elles même. Je me contente juste de regarder le dernier point bas du sous-jacent ainsi que l’orientation du cours.
      Cela m’a déjà fait ne pas me positionner sur certains sous-jacents. Mais sur d’autres que je considères plus « résistants », je peux passer outre cette succinte vérification graphique. Chose qui ne devrait pas être. C’est un manque de rigueur (ou un trop plein d’enthousiasme ?) de ma part et c’est contre productif. Je dois travailler là dessus d’un point de vue stratégique.
      Je vous remercie pour le lien trading sat. Jusqu’à présent je ne me servait de ce site que pour suivre les détachements / versements de dividendes.

      . Pour ce qui est d’Air France, tout comme vous, je ne m’y risquerais aucunement. Beaucoup trop volatile.

      . Concernant Air Liquide, je suis déjà positionné sur le 960FZ pour une dizaine de pourcents de ma poche dérivés.

      . Au sujet d’Airbus, je n’ai plus de ligne pour le moment. La dernière a été clôturée il y a relativement peu de temps. Sur ce sous-jacent je me positionnais de la même façon que sur Renault, à savoir en suivant la hausse. Même en prenant 25% de marge minimum j’aurais pu le retrouver dans la même situation qu’avec la marque au losange.

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