Petit actionnaire… et fier de l’être

Petit actionnaire... et fier de l'être

Bien trop souvent à mon goût, les actionnaires sont considérés comme des nantis ou des profiteurs. Que vous soyez un petit actionnaire ou un gros, vous êtes catalogués comme étant le méchant. Ce ressenti avait été l’occasion, il y a quelques semaines, d’un article précédent : Salauds d’actionnaires !

Aujourd’hui, je ne vais (presque) pas revenir dessus. Non, je vais simplement exposer mon ressenti global quant à ma qualité de petit actionnaire. Car être actionnaire d’une société, ce n’est pas uniquement toucher le dividende (lorsqu’il y en a), et encore moins « être un profiteur ». C’est aussi et surtout…

Le droit de donner son avis sur l’avenir et les orientations de la société

Être actionnaire, c’est posséder une part de la société. Le capital est divisé en actions, et chaque action vaut donc pour une part.

La possession d’une seule part ouvre le droit à la participation à l’Assemblée Générale. C’est là que sont votées, par les actionnaires eux-même, les résolutions proposées par la direction de la société. Qu’il s’agisse du petit actionnaire ou du grand fond d’investissement, chacun a son mot à dire.

Pour faire simple et rester dans le cas générique, chaque action vaut pour une voix. Le petit actionnaire aura donc (et c’est logique) plus de mal à se faire entendre que les gros. Mais il n’en demeure pas moins que son avis lui est demandé.

Une prise de risques non négligeable

Cela ne paraît pas comme ça, mais être actionnaire d’une société c’est prendre des risques. C’est prendre le risque de perdre la totalité de son investissement en cas de faillite. C’est également risquer de choquer son entourage : « tu te rends compte… la bourse c’est dangereux » mais aussi « t’as pas honte de cautionner les pratiques de telle ou telle société ? »

Il est beaucoup plus simple de remplir son Livret A, puis ensuite son LDDS, et enfin un compte sur livret ne couvrant même pas le niveau de l’inflation. Mais plus simple ne signifie pas « meilleur ».

Faire face à des professionnels aguerris

Cela peut sembler totalement idiot de se lancer dans un domaine contrôlé par des professionnels (fonds, banques, …) et de plus en plus animé par des robots.

C’est vrai. Mais c’est aussi un challenge perpétuel. C’est une façon de se tester soi-même, et même d’apprendre à se connaître. C’est un peu le pot de terre contre le pot de fer. Mais c’est justement là que se trouve l’un des grands attraits de la chose.

Faire les 24h du Mans au volant d’une Sandero de série face des bolides d’usine, semblerait absurde. Pourtant il est fort probable que la première citée ne terminerait pas dernière. Il suffit pour cela de ne pas vouloir en faire de trop, de parfaitement connaître ses limites, et d’attendre que d’autres franchissent les leurs et se cassent les dents.

Prendre son destin en mains et découvrir de nouveaux horizons

Se lancer dans l’investissement boursier demande une certaine force de caractère. Ce n’est pas quelque chose qui se fait comme on fait couler un café. Ce doit être réfléchi, pensé et analysé.

C’est notamment l’occasion d’apprendre de nouvelles choses (ce qui ne fait pas de mal). Cela peut aussi être l’occasion de nouer des contacts via diverses communautés d’investisseurs existant sur le web.

Mais tout ceci n’est rien à côté du fait de se prendre en mains. Compter sur son Livret A pour améliorer son quotidiens c’est quelque peu illusoire. Un livret A rempli, c’est en tout et pour tout 172€ d’intérêts par an. Une « performance » à la portée de n’importe quel investisseur.

La satisfaction d’être propriétaire de certains actifs

Autant le dire tout de suite ; l’affectif est un très mauvais sentiment lorsqu’il s’agit d’investissement. Néanmoins, il n’est pas toujours possible de le mettre totalement de côté.

Ce sentiment n’est pas présent à chaque investissement. Mais il s’affirme parfois un peu plus. Ainsi, mon récent achat de la COMPAGNIE DES ALPES fait de moi le copropriétaire (ultra-minoritaire bien sur) du Parc Asterix ou encore du Futuroscope. C’est purement symbolique, cela n’a rien aucun intérêt du point de vue investissement, mais c’est agréable.

Et pour conclure, être actionnaire ce n’est pas…
  • …profiter d’autrui, du travail des autres. C’est donner sa confiance à une société, et non pas être en total accord avec les décisions prises. Le plus « malhonnête » n’est pas l’actionnaire (à fortiori le petit actionnaire), mais le consommateur qui aime se plaindre continuellement mais qui continue d’acheter des produits qu’il estime « douteux ». Comme le disait un grand philosophe français : « Quand on pense qu’il suffirait que les gens ne les achètent plus pour que cela ne se vende pas…« 
  • …inaccessible. C’est même à la portée de TOUS ! L’ouverture d’un PEA / CTO est 100% gratuite et très simple. Chez de nombreux courtiers le montant des petits ordres est inférieurs à 1€. Achetez donc 9 actions du « grand groupe pétrolier national » à 54€ l’unité. Cela vous coûtera moins de 500€. Vous toucherez (si le dividende se maintient au moins à ce niveau là) 2,56€ * 9 = 23,04€ de dividende sur une année. Vous considérerez-vous comme un privilégié ?

*Il ne s’agit que d’un exemple afin d’illustrer mes propos, et en aucun cas d’un conseil d’achat.

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