Marchés baissiers, panique et psychologie de l’investisseur

Marchés baissiers, panique et psychologie de l'investisseur

Depuis le 27 septembre, les principaux indices mondiaux ont clairement entamé une phase baissière. Aux États-Unis le NASDAQ chute de 11,50% et le S&P 500 dévisse lui de près de 10%. En Asie le Nikkei 225 perd près de 13%. Et en Europe, le FTSE 100 britannique est en baisse de plus de 9%, le DAX allemand voit s’envoler 11% et le CAC 40 GR français 11%. La panique va-t-elle l’emporter ?

Après deux ans et demi de hausse quasi ininterrompue (depuis début 2016), les marchés entament leur premier vrai plongeon. Il y a bien eu une correction début février 2018, mais celle-ci n’eut pas l’intensité de celle qui nous secoue depuis maintenant un mois. La volatilité avait commencé à pointer le bout de son nez. La voici qui s’affirme clairement de retour.

Investir dans ce cadre

Disons le tout de suite, personne ne peut prédire jusqu’où ira ce marché baissier. Il peut tout aussi bien se terminer aujourd’hui, voir s’étendre sur encore plusieurs semaines / mois / années. Ce n’est pas très optimiste, mais c’est la réalité.

Il est donc souvent compliqué de faire des choix dans un environnement qui paraît aussi hostile. Néanmoins, il convient tout d’abord de ne surtout pas paniquer. Ensuite, il faut prendre conscience qu’il y a urgence à ne pas se précipiter. Tant dans la vente que dans l’achat.

Faut-il tout vendre et repasser totalement (ou presque) liquide ?

C’est une question fort difficile, tant la réponse dépendra de la situation de chacun. Cependant j’estime que si vous possédez des actions de sociétés à priori solides et dans lesquelles vous avez confiance, il n’y a pas nature à passer à la vente. Sauf à ce que vous estimiez que nous sommes à l’aube d’un krach boursier sans précédent. Ce qui n’est pas mon sentiment.

Inversement, si vous n’avez pas une grande conviction dans les sociétés que vous possédez, que vous n’en dormez plus la nuit et que vous comptez les euros « perdus » chaque jour plutôt que les moutons pour vous endormir, alors, il seraient effectivement préférable de prendre vos gains / pertes. Pour, par la suite, revoir votre stratégie d’investissement avant de revenir sur les marchés.

Faut-il investir l’ensemble de ses liquidités dès maintenant ?

Comme écrit plus tôt dans cet article, il est surtout urgent de ne pas se précipiter. Si il s’agit d’investir son renforcement mensuel, lequel ne représente qu’une portion très minime du portefeuille total, alors attendre que le marché baisse encore ne fera pas gagner grand chose dans l’absolu. Dans ce cas, j’estime que l’investissement peut être fait quelque soit le cours.

Par contre, l’investisseur possédant une importante poche de liquidité comparé à la valeur de son portefeuille ferait mieux de prendre son mal en patiente. Je ne suis pas un adepte du stock picking. Aussi, il est fort probable que si j’avais une poche de liquidités (ce qui n’est pas le cas) je l’investisse petit à petit. Quelque chose comme 5 ou 10% chaque mois par exemple.
Si les marchés continuent de baisser, cela permet de moyenner à la baisse, et donc d’avoir un PRU « honorable ». Inversement, si les marchés remontent, cela permet d’avoir débuté ses investissements en profitant de prix plus bas.
Dans tous les cas, cette façon de faire permet de profiter d’une baisse pour acheter moins cher, tout en étant assuré de ne pas rentrer directement au plus haut lorsque les marchés sont haussiers.

Et moi dans tout ça ?

Je donne des pistes, j’évoque des possibilités, mais qu’en est-il réellement de ma situation dans le cadre de cette baisse des marchés ?

Personnellement je n’ai aucune liquidité à investir pour le moment. Je suis donc 100% investi et je ne compte pas vendre quoi que ce soit dans l’état actuel des choses. Les sociétés que j’ai en portefeuille me conviennent, et me permettent de dormir sur mes deux oreilles, tout en m’approchant petit à petit de mon objectif de rendement. Je suis donc parfaitement serein. La baisse des marchés me laisse juste un petit regret… Ne pas avoir plus de moyens pour acheter encore plus régulièrement.

Éventuellement, en cas de poursuite importante du mouvement baissier, je pourrais envisager de prendre quelques mesures exceptionnelles au niveau patrimonial, afin de me libérer des liquidités supplémentaires. Pour le moment, je reste de marbre.

Pourquoi ne faut-il pas paniquer ?

Parce que le propre de la bourse c’est justement de monter et descendre, en alternance !

Depuis quelques années les marchés ne faisaient que monter, mois après mois. Les investisseurs arrivés durant cette hausse (dont je fais partie) n’ont pas vraiment l’habitude de voir leur portefeuille afficher des moins-values toujours plus importantes. Ils ne sont habitués qu’à voir des hausses successives. Un sentiment de panique peut s’emparer d’eux lorsque les choses s’inversent.

Règles d’investissements

Si la règle principale de tout investissement, à savoir ne jamais investir de l’argent dont on pourrait avoir besoin à court ou moyen terme, a bien été respectée, il n’y aucune raison de paniquer outre mesure. Même si un krach devait arriver prochainement, ce serait alors une magnifique occasion de renforcer ses positions à prix « bradés ».
Bien sûr, il faut pour cela conserver une certaine confiance et abnégation quant à la situation du moment. Et c’est là que se distinguent les « vrais investisseurs » des « investisseurs du dimanche ».

La panique, mauvaise conseillère

Réagir en situation d’urgence pour sauver sa vie demande de prendre les meilleures décisions possible dans l’instant, sans se poser de questions. C’est l’instinct de survie qui prend alors le contrôle. Il surpasse la panique et permet de faire des choses dont on ne serait certainement pas cru capable. Il permet de se surpasser. La panique, elle, est très mauvaise conseillère.

Pour en revenir à la bourse, une grosse correction / krach boursier sont-ils de nature à mettre votre vie en danger ? A priori non. Qui plus est si vous avez respecté la règle énoncée ci-dessous. Il est donc fort peut probable que votre instinct de survie se déclenche pour vous venir en aide.
Lorsque vous prenez conscience que les marchés baissent vraiment, c’est que votre portefeuille a déjà perdu une part non négligeable de sa valeur (facilement 15 ou 20%). Voir même plus. Ce que je veux dire par là, c’est qu’il est rare de paniquer parce que la bourse a perdu 5%.
Pourtant, si vous deviez vendre, c’était à -5% et non pas -20%. Aussi, lorsque la panique se fait sentir, c’est qu’il est déjà probablement trop tard pour vendre. Il vaut alors sûrement mieux faire le dos rond et attendre que le temps passe et que les marchés se retournent.

Bien sûr, cela ne doit pas avoir non plus de conséquences sur la santé… Si il devient impossible de se détacher des cours de bourse lors d’une importante baisse de ceux-ci, il vaut mieux sortir à -20% ou -30% qu’à -60%. C’est une évidence. Par contre il faudra s’en souvenir quelques temps plus tard quand le marché se sera de nouveau retourné : la bourse n’est pas faite pour vous, et il serait grandement préférable de ne jamais plus y revenir.

L’investissement boursier est un investissement long terme

Ce n’est pas évident pour tout le monde, mais investir en bourse doit se faire sur du long terme. Faire du « day trading » ou « tenter des coups » ce n’est pas investir. C’est spéculer. Ce sont deux choses extrêmement l’une de l’autre.

Sur du long terme, la bourse offre des rendements de l’ordre de 5 à 7% brut. Bien sur, cela dépends du point d’entrée. Celui qui aura tout placé en une seule fois sur un plus haut aura du mal à atteindre de tels rendements. D’où l’intérêt justement d’entrer sur les marchés de façon échelonnée, sur plusieurs mois. Ou à minima sur plusieurs semaines.

Pour conclure

En bourse il ne faut jamais paniquer. La réflexion doit rester la meilleure alliée de l’investisseur. Il convient de ne pas agir sur un coup de tête risquerait de conduire, peut-être pas au désastre, mais à minima à de bons maux de tête. Il faut toujours pouvoir peser le pour et le contre, tout en gardant à l’esprit que la bourse monte… puis descend… et remonte… pour une nouvelle fois redescendre. Bien sûr, parfois elle stagne aussi…

Bref, la bourse est normalement faite de volatilité. Il ne faut donc pas s’émouvoir de ses variations à cours terme, lesquelles incitent parfois à la panique.

1 commentaire sur “Marchés baissiers, panique et psychologie de l’investisseur”

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