17 novembre : Faut-il bloquer la France ?

Depuis quelques temps, circulent sur les réseaux sociaux des appels à bloquer la France le samedi 17 novembre. La raison ? La hausse importante des prix des carburants ces derniers mois. Ces appels aux blocages seront-ils efficaces ? Permettent-ils d’obtenir quelque chose ?

La hausse des prix des carburants

Les augmentations des taxes sur les carburants ne sont pas nouvelles. Cela fait plusieurs années que cela dure. Seulement, jusqu’à il y a peu, cette hausse des taxes était artificiellement masquée par des cours de l’or noir plutôt bas.

Ce n’est que depuis que les cours du pétrole sont repartis à la hausse que l’augmentation des taxes devient perceptible et qu’elle cristallise les plaintes des consommateurs.

Bien sûr, toute cette colère n’est pas un iquement due aux prix des carburants. Les décisions politiques de ces derniers mois, mal perçues par de nombreux français, ont eu un effet « cocotte minute ». Les prix de l’essence et du gasoil ne sont que la goutte qui fait déborder le vase. À tort ou à raison ; je ne me prononcerai pas là dessus.

Bloquer la France le 17 novembre… un samedi et ne pas consommer

La mobilisation des français s’organise via les réseaux sociaux. Des pétitions, des associations et des « groupes » plus ou moins formels appellent à bloquer le pays le samedi 17 novembre.

Une bataille perdue d’avance ?

Disons-le clairement, pour moi c’est une perte de temps mémorable. Un vaudeville citoyen qui n’aura d’autre effet que de « divertir » notre gouvernement et ses ouailles.

Pourquoi ceci ? Tout simplement parce que le gouvernement sait très bien que les français ont une « grande bouche », mais qu’ils n’ont pas de « parties génitales ».

Oui, je suis assez circonspect quant aux chances d’évolution des choses (à l’avantage des citoyens) suite à ce mouvement. Simplement parce que même si ce mouvement devait être un succès monumental, il y a fort à parier que ce ne sera qu’un « one shot ». Car bloquer le pays un samedi c’est une chose. Se mobiliser dans la durée, ne pas aller travailler pendant des jours ou des semaines afin de montrer sa détermination en est une autre.

Ce n’est pas en bloquant le pays (encore faut-il déjà y parvenir) une seule journée que l’État fléchira. D’autant plus que ces « manifestations » demanderont à chacun d’utiliser leurs voitures… et donc d’user du carburant. Carburant qu’il faudra nécessairement racheter par la suite.

De plus, tout l’argent qui ne sera pas dépensé le samedi 17 novembre le sera forcément dans les jours suivants. Les français devront bien faire leurs courses un jour ou l’autre. Ils devront bien acheter leurs cadeaux de Noël à un moment donné. Que ce soit le samedi 17 novembre ou trois jours plus tard, la TVA qui entrera dans les caisses de l’État sera la même. Peu importe la date des dépenses.

Des solutions existent-elles malgré tout ?

Bien sûr que oui. Mais elles demandent de vrais efforts personnels et de réflexion. Elles exclues donc d’office le mode « brute » d’un blocage du pays. À moins de créer une véritable révolution style « mai 68 », il serait peut-être préférable de jouer à armes égales avec l’État.

Réduire l’utilisation des voitures

Pour faire rentrer moins de taxes dans les caisses de l’État, il suffit de consommer moins de produits taxés… Si les voitures restaient au garage pour tout les petits trajets, les économies réalisées par tout un chacun seraient importantes, et le manque à gagner pour l’État ne serait certainement pas négligeable.

Gardez la voiture au garage et sortez les vélos et trotinettes dès que possible. Sauf que cela demande un changement de comportement de tout un chacun. Ce qui est bien plus difficile que de simplement « bloquer le pays ».

Ne vraiment plus dépenser d’argent… et pas uniquement le 17 novembre

Noël approche à grands pas. Les français ont donc une magnifique opportunité de porter un coups important à l’État et à ses finances. C’est tout simple. Puisque le pouvoir d’achat semble diminuer selon de nombreux français… ne fêtez plus Noël, fête commerciale par excellence. Mettez de côté les cadeaux, les repas « spéciaux ».

Les économies réalisées seront appréciables, et les finances publiques en prendront un coups certain. Mais êtes-vous vraiment prêts à sacrifier les fêtes de fin d’année pour protester ? Franchement j’en doute. Une question d’absence de « parties génitales masculines » parrait-il.

Et peu de temps après les fêtes de fin d’année viennent… les soldes ! Une deuxième occasion magnifique de montrer au gouvernement le mécontentement des français. Mais là encore…

« Prendre le contrôle » de l’économie

Et oui, pourquoi ne pas simplement prendre le contrôle de l’économie, via les principales entreprises du pays ? Là encore, c’est bien plus subtile que de bloquer le pays. C’est un fait. Mais peut-être serait-ce aussi plus efficace ?

Imaginons que 10 millions de français se regroupent et investissent 1000€ chacun dans des sociétés telles que :

Cela permettrait d’acquérir environ 7,5% de la société, au cours du jour, et donc de devenir le premier actionnaire. De quoi prendre quelques décisions…

Cela permettrait d’acquérir environ 82,50% de la société et par la même occasion de prendre le contrôle de sa filiale… TF1. Pas mal comme objectif…

Bien sûr, ceci pourrait fonctionner avec n’importe quelle autre société. Évidement, cela demanderait à chacun de se pencher sur l’utilisation de son propre argent. Car 1k€ (1000€) ce n’est pas rien pour de très nombreuses personnes. Pourtant, c’est le prix de smartphones très populaires, ou encore de téléviseurs HD.

Bien sur, cela demanderait de faire des choix forts, et surtout cohérents, dans son mode de vie.

Pour conclure

Le français est râleur. Il aime se plaindre de nombreuses choses. Parfois à juste titre ! Pourtant, dès qu’il s’agit de passer à action, les choses se compliquent. Soit cela ne prends pas, soit le mode d’action est probablement voué à l’échec avant même toute mise en œuvre.

Nous sommes en 2018. Les temps ont changé. Les moyens d’actions doivent absolument s’adapter, sans quoi ils ne permettront plus que très rarement d’obtenir des avancées notables.

Précisions AMF

Je suis actionnaire de Total et de Bouygues (voir mon portefeuille). Cet article n’est en aucun cas un conseil ou une incitation à l’achat d’actions.

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