Quand vendre ses bonus cappés ?

quand vendre ses bonus cappésLa vente d’une position, en particulier des positions de bonus cappés, doit être réfléchie et pensée à l’avance. Il ne s’agit pas de jouer à pile ou face pour prendre la décision de vendre ou de conserver. Néanmoins, il existe plusieurs façons de faire, qui ont chacune leurs avantages et leurs inconvénients. Petit tour d’horizon des options s’offrant aux investisseurs en Dual Guidance.

Vendre ses bonus cappés en favorisant le rendement « réel » (stratégie passive / défensive)

Il s’agit là de se concentrer uniquement sur le rendement brut effectif que la position va rapporter. Dans l’idée, il convient de conserver sa position le plus longtemps possible, afin de se rapprocher au maximum de son niveau bonus, afin d’en tirer le plus possible. Hors forte hausse des marchés, cela sous-entends une conservation pendant plusieurs mois, jusqu’à se rapprocher de l’échéance du bonus cappé.

Ainsi, une position achetée avec un rendement brut possible de 7% (par exemple) ne sera revendue que lorsque le rendement réel (le gain réel) sera proche de ce niveau de 7%. Il est même tout à fait possible de conserver jusqu’à l’échéance afin de ne pas avoir de frais de courtage sur la vente, mais la fiscalité appliquée alors est moins intéressante (de mon point de vue personnel) que celle appliquée lors d’une prise de plus-value.

J’estime que cette stratégie de conservation « long terme » des bonus cappés est idéale lorsque le marché est baissier. Cela permet de réaliser des performances brutes de l’ordre de 7 à 10% (si les bornes ne sont pas touchées), alors même que les sous-jacents sont susceptibles de voir leur cours baisser. Ainsi, il est préférable de mener cette stratégie via des échéances d’au moins 9 à 12 mois, et des rendement brut assez élevés (7 à 10%).

Le risque principal lié à cette mise en place est lié à l’échéance des bonus cappés. Celle-ci étant assez éloignée, le risque d’une forte correction globale ou sectorielle s’accroît. Pour contre-balancer ce risque, il convient alors de prendre des positions avec des bornes basses suffisamment éloignées (au moins 25%, voir 30%, sur des sous-jacents solides).

Vendre ses bonus cappés en favorisant le rendement annualisé (stratégie active / agressive)

Là les choses sont différentes. Avec une optique « rendement réel » le but est de conserver ses positions afin de se rapprocher au maximum du niveau bonus. Inversement, une prise de position « rendement annualisé » ouvre la voie à des ventes relativement rapides. Peu importe alors que le niveau bonus soit proche ou pas. Une vente peut tout à fait se faire avec une plus-value de seulement 2 ou 3% brut… Du moment que le rendement annualisé obtenu est très élevé.
Personnellement, je considère un rendement annualisé comme étant moyen lorsqu’il m’offre du 20%. Dès lors, lorsque certaines de mes positions me permettent de toucher du 30 à 40% annualisé sur des périodes de conservation allant de deux semaines à deux ou trois mois, je vends sans hésitation.

Cette variante stratégique « agressive » permet de gonfler le rendement réel du portefeuille via un roulement important et régulier de celui-ci. Cela demande par contre une bonne réactivité ainsi qu’un suivi quotidien lorsque le marché monte. De plus, cela entraîne de plus gros frais de courtage car le nombre d’ordres passé est plus important.
La mise en place de cette stratégie « court terme » est plus adaptée à un marché haussier. En ce début 2018, sur une seule semaine de cotation, mon portefeuille a évolué de plus de moitié. Cela du fait de la belle et soudaine hausse. Cela m’a permit de sortir de plusieurs positions sur des rendements annualisés de l’ordre de 33 à 40% net. Parfois pour seulement deux semaines de conservation.

Il est possible d’investir en « rendement annualisé » via des échéances longues comme c’est le cas pour la prise de positions en « rendement réel ». Néanmoins il est également possible de se positionner sur des échéances bien plus courtes. Le rendement brut réel envisageable sera plus faible. Le rendement brut annualisé ne sera pas nécessairement plus élevé que sur les positions longues. Ce qui compte c’est surtout d’avoir une borne basse relativement éloignée (au moins 20% pour des sous-jacents solides). L’idée étant de profiter à plein du gain de valeur temps. Cette dernière permet au bonus cappé de prendre de plus en plus de valeur (indépendamment des variations du sous-jacent) au fur et à mesure l’échéance se rapproche.

Lorsqu’un sous-jacent a connu une forte baisse

Le marché est plutôt haussier (ou stable) et pourtant certains sous-jacents connaissent de forte baisses de leurs cours. C’est une situation qui n’a rien d’exceptionnelle. Dans ce cas, il est très compliqué de mener à bien une stratégie active / agressive. En effet, si les bonus cappés permettent de résister à ces baisses, il ne permettent pas pour autant de les empêcher. Ainsi, lorsqu’au bout de quelques semaines le cours du sous-jacent se stabilise / remonte quelque peu, le bonus cappé affiche généralement un petit gain réel. Le problème est que le rendement annualisé est lui rapidement « en berne » et ne permet de réaliser que des gains annualisés oscillant autour des 10%. Si dans l’absolu ce n’est pas négligeable, nous sommes bien loin des 20% que je considère comme « moyens ». Et encore plus des 33 à 40% que j’estime être « très bons ».

Dans cette situation, chaque investisseur doit décider si il souhaite poursuivre sur une sous-stratégie « passive / défensive » et donc conserver sa position jusqu’à ce que le niveau bonus soit proche, ou bien si il souhaite revendre pour reprendre une autre position plus « active / agressive ».

Ma stratégie personnelle

J’ai débuté avec une stratégie plutôt passive / défensive. La hausse des marchés allant bon train, j’ai peu à peu évolué vers une gestion active. Elle prends aujourd’hui -janvier 2018- un tournant « agressive » (dans le bon sens du terme). Actuellement je me focalise sur le rendement annualisé. Lorsque le marché baissera (ce qui arrivera forcément un jour ou l’autre), je reprendrais progressivement une approche plus passive / défensive.

Je suis jeune. J’ai un petit patrimoine. J’aime gérer activement mes positions. J’en profite donc pour tenter de maximiser mes rendements à chaque fois que le marché m’en offre la possibilité. Le tout sans avoir le sentiment de prendre des risques démesurée

Conclusion

Une stratégie Dual Guidance est une stratégie défensive. Elle peut cependant, comme expliqué ci-dessus, via une gestion active, devenir offensive. Tout dépend du marché et des capacités / envies / besoins de l’investisseur.