2018… record de dividendes pour le CAC 40

L’an passé ce sont pas moins de 57 milliards d’euros que les entreprises du CAC 40 ont reversé à leurs actionnaires sous forme de dividendes. C’est un nouveau record de versements. Mais que cela signifie-t-il réellement ? Les actionnaires sont-ils vraiment des “nantis” ?

Le dividende, qu’est-ce que c’est ?

Un dividende c’est une somme d’argent que les entreprises sont libres de verser ou non à leurs actionnaires. C’est, pour faire simple, une partie de la valeur de l’entreprise qui est redistribuée à l’ensemble de ses propriétaires (actionnaires).

Tout actionnaire d’une entreprise versant un dividende touchera sa part selon le nombre d’actions détenues. Il suffit donc de posséder ne serait-ce qu’une seule action pour pouvoir se partager “le gâteau”. Il faut également savoir que, contrairement à la croyance populaire, lorsqu’une société verse un dividende, l’actionnaire ne s’enrichit pas. En effet, lors du détachement d’un dividende, le cours de la société diminue d’autant. C’est à dire que ce que l’actionnaire récupère en liquidités, il le perd au niveau de la valeur de ses actions.

-plus d’informations (et d’exemples) sur les dividendes ici et ici

Les actionnaires

En général, les actionnaires recherchant les dividendes sont des actionnaires investis à moyen / long terme. C’est à dire que ce ne sont pas ceux qui spéculent pas sur les variations court terme du cours des sociétés. Il investissent leurs liquidités, là où certaines personnes achètent un paquet de cigarettes par jour ou boivent une demi au bar du coin.

En 2018…

L’année dernière ce sont donc plus de 57 milliards d’euros qui ont été reversés aux actionnaires des sociétés du CAC 40 sous forme de dividende. C’est une somme énorme. Tout du moins en apparence. Car dans les faits, ces quelques dizaines de milliards d’euros de dividendes représentent :

  • 3,95% de la capitalisation totale du CAC 40 (environ 1440 milliards d’euros au 12 janvier 2019)

Pourtant, malgré ces 57 milliards d’euros de dividendes versés, les actionnaires moyen / long terme investis sur les sociétés de l’indice phare de la bourse de Paris se sont appauvris. Bien qu’ils aient perçu quasiment 4% de la valeur de leurs entreprises, le CAC 40 a perdu quasiment 11% en 2018. Ainsi, malgré 4% de “retours” (dividendes), cela fait toujours 7% de perte pour les actionnaires. Et encore, c’est sans prendre en compte l’inflation. Laquelle a fait perdre environ 2% supplémentaires.

La répartition des bénéfices

L’un des principaux griefs fait aux actionnaires est de s’accaparer les bénéfices des sociétés aux dépends des salariés de celles-ci. Je n’ai trouvé que des estimations datant de septembre 2018, mais il envisagé que les bénéfices des entreprises du CAC 40 dépassent les 100 milliards d’euros. On peut donc estimer que les retours aux actionnaires sous forme de dividendes représenteront un peu moins de 57% des bénéfices annuels. C’est beaucoup.

Pourtant, comme évoqué précédemment dans cet article, tout le monde peut devenir actionnaire et “profiter” des dividendes versés. Ce n’est pas réservé à une “caste de privilégiés”. Non, c’est accessible à tous. Par contre, il faut aussi accepter le fait que la bourse puisse baisser (comme ce fut le cas en 2018) et donc que des pertes d’argent sont tout à fait possible.

Je vais même faire un parallèle avec le secteur l’immobilier :

  • lorsqu’un propriétaire souhaite faire des travaux dans un bien qu’il possède, il fait appel à des professionnels qui vont réaliser ce qu’il souhaite (éléctricité, plomberie, aménagement, …). Ces travaux vont être effectué dans le but de faire gagner de la valeur au bien en question. Le professionnel sera rémunéré pour son travail, mais ne profitera en rien de la valeur prise par le bien.
  • Il en est de même pour les employés. Ils réalisent (contractuellement)  le travail pour lequel ils sont embauchés. Travail qui est censé faire gagner de l’argent (et donc de la valeur) à l’entreprise qui les rémunère. Si ils veulent eux aussi profiter des gains réalisés  par l’entreprise, ils doivent en devenir propriétaire (actionnaires).
Dividendes et préjugés

Tordons donc le cou à ces préjugés concernant les dividendes :

  • un dividende n’enrichit pas l’actionnaire puisqu’il appauvri l’entreprise
  • en 2018 les actionnaires du CAC 40 ont perdu 7% de leur valeur de portefeuille (9% en considérant l’inflation)
  • Pour profiter de l’argent gagné par une entreprise, il faut en être propriétaire… et donc actionnaire.
  • devenir actionnaire et donc, selon la croyance populaire, un privilégié, est ouvert à tous.
  • investissement dans les dividendes

1 commentaire sur “2018… record de dividendes pour le CAC 40”

  1. Ping : Dividendes : 2019, nouvelle année record ? | le Petit Actionnaire

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.