le Petit Actionnaire
14 octobre 2019 faut-il investir dans la française des jeux ?

La Française des Jeux : faut-il y investir ?

[edit du 07/11/2019] : le cours d’introduction en bourse de la Française des Jeux est fixé dans une tranche entre 16,50€ et 19,90€ par action.

Vous n’êtes pas sans savoir que le 7 novembre prochain, le capital de la Française des jeux va être ouvert aux particuliers. L’État, actuellement détenteur de 72% du capital de la société va, en effet, se séparer de 52% de celui-ci. Entreprise rentable, dividende juteux, faut-il se positionner à l’achat à l’occasion de cette introduction en bourse ?

L’État a-t-il raison de vendre la Française des Jeux ?

Tout d’abord, il faut bien comprendre que la Française des Jeux n’est pas une société “stratégique” pour l’État. Comprenez par là que l’indépendance de la nation n’est pas remise en cause par le retrait partiel de l’État.

Autant céder un acteur de l’armement ou de l’énergie serait prendre un risque stratégique, et serait susceptible de menacer les intérêts vitaux du pays, autant la Française des Jeux ne représente absolument rien de tout ceci.

Une “vache à lait” pour les finances publiques

La Française des jeux a contribué aux finances publiques, en 2018, à hauteur d’environ 3,5 milliards d’euros. C’est une somme considérable. Pourtant, la baisse de participation de l’État dans son capital se traduira par peu de choses. “À peine” soixante dix ou quatre-vingt millions d’euros de recettes (dividendes) en moins.

Pourquoi ? Tout simplement parce que la quasi totalité de ce que la société verse au fisc se compose de… taxes. Oui, en 2018, l’opérateur de jeux a payé 3,3 milliards d’euros de taxes et “seulement” 170 millions d’euros de dividendes.

Autant dire qu’avec une participation de 20% au capital, l’État français percevra quasiment autant chaque année (environ 3,4 milliards d’euros) qu’en possédant 72% de la FdJ.

Vendre une société en bonne santé

L’un des reproches souvent fait à l’État dans ce dossier est de vouloir se séparer d’une société bénéficiaire, et en très bonne santé financière. Et c’est vrai… la Française des Jeux est une belle et bonne société.

Et pourtant… tout bon propriétaire de société cherchera à se séparer de sa “boîte” au meilleur prix, lorsqu’elle vaudra le plus cher possible. Cela semble assez logique. Et pour cela, il est nécessaire que la société soit en bonne santé et affiche de bon chiffres. Dans le cas présent, la vente de 52% du capital devrait rapporter environ un milliard d’euros. Ce n’est pas négligeable.

Je rajouterais qu’il est préférable de vendre la Française des Jeux aujourd’hui plutôt que 589 tonnes d’or des réserves nationales entre 2004 et 2009.

Nous en arrivons donc à la question “fatidique”… Faut-il devenir actionnaire de la Française des jeux ?

Que va acheter le petit porteur ?

Nous l’avons vu précédemment. Le petit porteur qui va faire le choix d’acheter des actions de la Française des Jeux deviendra actionnaire d’une société profitable et versant un dividende interessant. De plus, il deviendra propriétaire d’une marque nationale de premier plan, connue de tous.

Est-ce un bon dossier ? Oui assurément ! Faut-il participer, à partir du 7 novembre prochain à l’ouverture du capital de la société ? Assurément… NON !

Pardon ?

Vous avez bien lu. Malgré tous les points positifs que recèle ce dossier, j’estime qu’il n’est pas opportun, pour un petit investisseur, de participer à la “privatisation” de l’opérateur historique.

Je m’explique. L’État français est connu pour être un piètre gestionnaire. On ne compte plus les sociétés dont celui-ci est / était actionaire (majoritaire ou minoritaire) et dont les résultats ne s’en sont jamais remis (EDF, Areva, …).

Pourquoi ? Tout simplement parce que bien souvent, l’État français a une double, voir triple, casquette. Comprenez par là qu’être, à la fois, actionnaire principal, régulateur du marché et “bénéficiaire des taxes” augure de possibles conflits d’interêts. Conflits d’intérêts dont la Française des Jeux sera inexorablement la victime :

  • La “privatisation” est contestée par un certain nombre de français. L’État ne pourrait-il pas augmenter les taxes, afin de mieux faire “passer la pillule” ?
  • L’État ne risque-t-il pas de vouloir “siphonner” la FdJ au niveau des dividendes comme il a pu le faire avec EDF ?

Investir dans une société aux côtés de l’État actionnaire / régulateur / “taxeur” nécessite une certaine dose de confiance dans les Hommes politiques mais aussi dans la capacité de cet actionnaire particulier à faire passer en premier lieu les intérêts de la société.

En toute franchise, je ne suis pas convaincu que cela soit possible, et je n’ai qu’une confiance toute limitée dans la probité de nos Hommes politiques. Moi, le Petit Actionnaire, je resterai donc à l’écart de l’ouverture de capital de la Française des jeux. Peut-être en serais-je actionaire un jour. Tout est possible. Néanmoins, pour le moment je ne resterai qu’un simple spectateur.


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2 réactions au sujet de « La Française des Jeux : faut-il y investir ? »

    1. Bonjour Pat,

      Ce n’est pas évident, en effet. On entend / lit tout et son contraire.

      Par contre l’argument du lien que vous donnez : “il faut souscrire parce que l’état ne peut pas se permettre que cette introduction en bourse soit un échec”… me semble vraiment très léger.

      Cordialement,
      le Petit Actionnaire

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