le Petit Actionnaire
9 janvier 2020 2019 : record de dividendes

Record de Dividendes versés en 2019

Comme évoqué il y a déjà près d’un an et comme le confirme cet article publié par Les Échos, l’année 2019 marque un nouveau record de dividendes ou, pour être tout à fait exact, de reversements aux actionnaires. Pour la première fois, ce sont plus de 60 milliards d’euros qui leur ont été retourné, tant sous forme de dividendes que de rachats d’actions, par les sociétés du CAC 40. Dans le détail, les dividendes payés en 2019 s’élèvent à 49,2 milliards d’euros, et les rachats d’actions 11 milliards d’euros.

Cela marque (à ce niveau là mes chiffres différent de ceux des Échos) une augmentation de 4,7% par rapport aux “retours” effectués en 2018.

J’émets une réserve quant au montant de 53,6 millards € indiqué pour 2018

Que sont les dividendes ?

C’est quoi un dividende ?

Pour régulièrement “croiser le fer” sur Twitter au sujet des dividendes, je pense qu’un petit rappel de ce dont il s’agit est nécessaire afin d’éviter certains malentendus. Car contrairement à une certaine croyance populaire, record de dividendes ou non, ceux-ci ne sont pas une somme d’argent “payée” aux actionnaires.

En effet, les dividendes ne sont rien d’autre qu’une partie des bénéfices qui sont redistribués aux actionnaires. En s’arrêtant là, on peu effectivement penser qu’il s’agit donc d’argent “donné” aux actionnaires. Sauf que ce n’est pas le cas. Car ce que trop de monde ignore, c’est que lorsque société “détache” un dividende, le montant de celui-ci est mécaniquement déduit du cours de l’action de ladite société.

Cela signifie donc que les actionnaires ne gagnent rien lorsqu’ils perçoivent un dividende. Ce qu’ils touchent en liquide, ils le perdent sur la valeur de leurs actions.

Exemple chiffré

Soit une société versant un dividende brut de 5, lequel sera “détaché” le 15 du mois et payé deux jours plus tard, le 17.

  • le 14 au soir, à l’issue de la clôture des marchés, le cours de l’action est de 100.
  • le 15 au matin, à l’ouverture du marché, la société “détache” son dividende, soit 5. Mécaniquement, ce montant de 5 se retrouve déduit de la valeur de l’action. Aussi, à l’ouverture du marché l’action ne vaut plus que 95.
  • l’actionnaire possède alors une action valorisée 95, ainsi qu’un dividende en attente de paiement de 5.
  • le 17 dans la journée, l’actionnaire se voit verser 5 brut sur le compte liquidités du support sur lequel il possède son / ses actions.

Pourquoi les actionnaires veulent-ils (parfois) des dividendes ?

Puisque retranchés de la valeur de l’action, les dividendes ne représentent pas un gain pour l’actionnaire. Pourtant, ces derniers apprécient, en général, d’en toucher. La raison à ceci est toute simple. Néanmoins, il ne faut pas croire que l’unique objectif des actionnaires soit de percevoir, chaque année, un nouveau record de dividendes.

Les actionnaires ne gagnent rien ? Alors pourquoi ne veulent-ils ?

Les dividendes sont perçus sous forme de liquidités, lesquelles sont versées sur le compte liquidités du compte au sein duquel est détenue l’action. Ils permettent à l’actionnaire, sans avoir eu besoin de vendre tout ou partie de sa ligne, de posséder de l’argent à réinvestir (potentiellement sur d’autres sociétés).

Toucher des dividendes, cela n’a jamais enrichi qui que ce soit. Par contre c’est un moyen de diversifier un peu ses investissements tout en conservant ses positions préalablement détenues.

Pourquoi les dividendes sont-ils une aubaine pour l’État ?

Encore une fois… la réponse est fort simple. Les dividendes “bénéficient” d’une double imposition. Une première fois au niveau de la société. Les bénéfices (desquels sont issus les dividendes) sont alors,soumis à l’IS (Impôt sur les Sociétés). Ensuite, ils sont taxés au niveau de l’actionnaire, après versement.

Cette deuxième ponction peut s’effectuer soit au barème de l’IR (Impôt sur le Revenu) soi à un taux forfaitaire de 30% (la Flat Tax). Il n’est pas nécessaire de préciser que cette seconde salve de “prélèvements” rapporte d’importants montants à l’État.

Qu’en sera-t-il en 2020 ?

En 2020 seront versés les dividendes ayant traits à l’exercice 2019. Si je suis incapable de prédire quelle sera la tendance (bien que je ne pense pas qu’elle soit trop mauvaise), il ne faudra pas attendre bien longtemps pour connaître les premiers chiffres.

En effet, la saison des publications va débuter d’ici fin janvier début février, pour s’étirer sur quelques semaines. Nous saurons alors si les principales sociétés augmentent encore ou non leur redistribution aux actionnaires. A cette occasion, mes analyses des meilleures dividendes du CAC 40 et du SBF 120 seront mises à jour afin de refléter les résultats 2019.

2 réactions au sujet de « Record de Dividendes versés en 2019 »

  1. Excellent article. Merci pour ces good news. Ce qui me rassure, c’est que c’est presque toutes les actions que j’ai choisies (d’ailleurs comme beaucoup d’autres personnes qui s’intéressent aux dividendes en France).
    Oui, il faut se méfier et bien analyser les chiffres qu’on peut parfois nous servir. Néanmoins, j’ai une observation à faire quant à ce que vous dites sur les dividendes :
    “Cela signifie donc que les actionnaires ne gagnent rien lorsqu’ils perçoivent un dividende. Ce qu’ils touchent en liquide, ils le perdent sur la valeur de leurs actions.”
    C’est uniquement vrai que si vous vendez votre action dans la foulée. Par contre, la contrepartie favorable est peut être la possibilité de renforcer ses positions. Aprés ce qu’est un avis de débutant, je n’ai sans doute pas tout compris.

    1. Bonsoir Sylvain,

      Je vous remercie pour votre message 🙂

      Que vous vendiez ou non vos actions, au moment du détachement du dividende le cours de vos actions baisse mécaniquement du montant du dividende. Vous ne gagnez absolument rien lorsque vous percevez un dividende. Vous êtes même un peu perdant… du fait de leur fiscalité.

      Néanmoins, comme vous le soulignez, le gros avantage des dividendes est de pouvoir les réinvestir où vous le souhaitez. Tant sur la même société que dans une autre. Le tout en conservant la totalité de vos positions. C’est ce qui me plait dans cette stratégie.
      En gros, chaque année une petite portion du portefeuille est “transformée” en liquidités, sans avoir à effectuer le moindre vente. Charge à vous ensuite de réinvestir ces liquidités ou bien de les consommer.

      Cordialement
      le Petit Actionnaire

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