2019 : record de dividendes

Record de Dividendes versés en 2019

Comme évoqué il y a déjà près d’un an et comme le confirme cet article publié par Les Échos, l’année 2019 marque un nouveau record de dividendes ou, pour être tout à fait exact, de reversements aux actionnaires. Pour la première fois, ce sont plus de 60 milliards d’euros qui leur ont été retourné, tant sous forme de dividendes que de rachats d’actions, par les sociétés du CAC 40. Dans le détail, les dividendes payés en 2019 s’élèvent à 49,2 milliards d’euros, et les rachats d’actions 11 milliards d’euros.

Cela marque (à ce niveau là mes chiffres différent de ceux des Échos) une augmentation de 4,7% par rapport aux “retours” effectués en 2018.

J’émets une réserve quant au montant de 53,6 millards € indiqué pour 2018

Que sont les dividendes ?

C’est quoi un dividende ?

Pour régulièrement “croiser le fer” sur Twitter au sujet des dividendes, je pense qu’un petit rappel de ce dont il s’agit est nécessaire afin d’éviter certains malentendus. Car contrairement à une certaine croyance populaire, record de dividendes ou non, ceux-ci ne sont pas une somme d’argent “payée” aux actionnaires.

En effet, les dividendes ne sont rien d’autre qu’une partie des bénéfices qui sont redistribués aux actionnaires. En s’arrêtant là, on peu effectivement penser qu’il s’agit donc d’argent “donné” aux actionnaires. Sauf que ce n’est pas le cas. Car ce que trop de monde ignore, c’est que lorsque société “détache” un dividende, le montant de celui-ci est mécaniquement déduit du cours de l’action de ladite société.

Cela signifie donc que les actionnaires ne gagnent rien lorsqu’ils perçoivent un dividende. Ce qu’ils touchent en liquide, ils le perdent sur la valeur de leurs actions.

Exemple chiffré

Soit une société versant un dividende brut de 5, lequel sera “détaché” le 15 du mois et payé deux jours plus tard, le 17.

  • le 14 au soir, à l’issue de la clôture des marchés, le cours de l’action est de 100.
  • le 15 au matin, à l’ouverture du marché, la société “détache” son dividende, soit 5. Mécaniquement, ce montant de 5 se retrouve déduit de la valeur de l’action. Aussi, à l’ouverture du marché l’action ne vaut plus que 95.
  • l’actionnaire possède alors une action valorisée 95, ainsi qu’un dividende en attente de paiement de 5.
  • le 17 dans la journée, l’actionnaire se voit verser 5 brut sur le compte liquidités du support sur lequel il possède son / ses actions.

Pourquoi les actionnaires veulent-ils (parfois) des dividendes ?

Puisque retranchés de la valeur de l’action, les dividendes ne représentent pas un gain pour l’actionnaire. Pourtant, ces derniers apprécient, en général, d’en toucher. La raison à ceci est toute simple. Néanmoins, il ne faut pas croire que l’unique objectif des actionnaires soit de percevoir, chaque année, un nouveau record de dividendes.

Les actionnaires ne gagnent rien ? Alors pourquoi ne veulent-ils ?

Les dividendes sont perçus sous forme de liquidités, lesquelles sont versées sur le compte liquidités du compte au sein duquel est détenue l’action. Ils permettent à l’actionnaire, sans avoir eu besoin de vendre tout ou partie de sa ligne, de posséder de l’argent à réinvestir (potentiellement sur d’autres sociétés).

Toucher des dividendes, cela n’a jamais enrichi qui que ce soit. Par contre c’est un moyen de diversifier un peu ses investissements tout en conservant ses positions préalablement détenues.

Pourquoi les dividendes sont-ils une aubaine pour l’État ?

Encore une fois… la réponse est fort simple. Les dividendes “bénéficient” d’une double imposition. Une première fois au niveau de la société. Les bénéfices (desquels sont issus les dividendes) sont alors,soumis à l’IS (Impôt sur les Sociétés). Ensuite, ils sont taxés au niveau de l’actionnaire, après versement.

Cette deuxième ponction peut s’effectuer soit au barème de l’IR (Impôt sur le Revenu) soi à un taux forfaitaire de 30% (la Flat Tax). Il n’est pas nécessaire de préciser que cette seconde salve de “prélèvements” rapporte d’importants montants à l’État.

Qu’en sera-t-il en 2020 ?

En 2020 seront versés les dividendes ayant traits à l’exercice 2019. Si je suis incapable de prédire quelle sera la tendance (bien que je ne pense pas qu’elle soit trop mauvaise), il ne faudra pas attendre bien longtemps pour connaître les premiers chiffres.

En effet, la saison des publications va débuter d’ici fin janvier début février, pour s’étirer sur quelques semaines. Nous saurons alors si les principales sociétés augmentent encore ou non leur redistribution aux actionnaires. A cette occasion, mes analyses des meilleures dividendes du CAC 40 et du SBF 120 seront mises à jour afin de refléter les résultats 2019.

10 commentaires pour “Record de Dividendes versés en 2019

  1. Excellent article. Merci pour ces good news. Ce qui me rassure, c’est que c’est presque toutes les actions que j’ai choisies (d’ailleurs comme beaucoup d’autres personnes qui s’intéressent aux dividendes en France).
    Oui, il faut se méfier et bien analyser les chiffres qu’on peut parfois nous servir. Néanmoins, j’ai une observation à faire quant à ce que vous dites sur les dividendes :
    “Cela signifie donc que les actionnaires ne gagnent rien lorsqu’ils perçoivent un dividende. Ce qu’ils touchent en liquide, ils le perdent sur la valeur de leurs actions.”
    C’est uniquement vrai que si vous vendez votre action dans la foulée. Par contre, la contrepartie favorable est peut être la possibilité de renforcer ses positions. Aprés ce qu’est un avis de débutant, je n’ai sans doute pas tout compris.

    1. Bonsoir Sylvain,

      Je vous remercie pour votre message 🙂

      Que vous vendiez ou non vos actions, au moment du détachement du dividende le cours de vos actions baisse mécaniquement du montant du dividende. Vous ne gagnez absolument rien lorsque vous percevez un dividende. Vous êtes même un peu perdant… du fait de leur fiscalité.

      Néanmoins, comme vous le soulignez, le gros avantage des dividendes est de pouvoir les réinvestir où vous le souhaitez. Tant sur la même société que dans une autre. Le tout en conservant la totalité de vos positions. C’est ce qui me plait dans cette stratégie.
      En gros, chaque année une petite portion du portefeuille est “transformée” en liquidités, sans avoir à effectuer le moindre vente. Charge à vous ensuite de réinvestir ces liquidités ou bien de les consommer.

      Cordialement
      le Petit Actionnaire

  2. Bonjour,
    Votre article est très intéressant.
    Pour autant, d’après tout ce que j’ai pu recueillir comme information, le cours de l’action qui a détaché un dividende, baisse de la valeur du dividende, mais revient très rapidement à sa position initiale (à vérifier).
    D’autre part, au lieu de se servir du dividende pour réinvestir dans une autre société, pourquoi ne pas vendre quelques actions d’une entreprise pour les investir sur une autre?
    Je ne saisis pas la différence…
    Si j’ai 10 actions sur Netflix, rien ne m’empêche d’en vendre une pour investir chez Sanofi par exemple….

    1. Bonjour Sylvain,

      En effet, lorsqu’un dividende est versé son montant est mécaniquement déduit du cours de l’action. J’ai d’ailleurs publié un article à ce sujet.

      Pour ce qui est de “revenir rapidement à sa position initiale”, ce n’est absolument pas le cas. Je vous invite à observer le cours de certaines sociétés bien connues (EDF, Casino ou encore Unibail Rodamco Westfield). Vous constaterez aisément que les cours ne sont jamais remontés à leurs niveau d’avant dividendes, et ce depuis plusieurs années. Bien sûr, ce ne sont que trois exemples parmi d’autres.

      Il est tout à fait possible de revendre des petites portions de lignes (idéalement sur des sociétés de croissance) afin de réinvestir sur des sociétés que l’on estime prometteuses. Mais le gros avantage des dividendes c’est qu’ils permettent de conserver l’entièreté d’une ligne intacte. Ce qui permet de continuer à toucher chaque année des dividendes stables / croissants (si le choix des sociétés détenues a été bien réalisé).

      Pour reprendre votre exemple sur Netflix, au bout des dix années à revendre une action par an, votre ligne a totalement disparue de votre portefeuille. Par contre, si la société verse un dividende chaque année, que ce soit au bout 10 ans, 20 ans ou 30 ans, vous possédez toujours vos 10 actions Netflix, ainsi que des actions d’autres entreprises achetées grâce aux dividendes perçus. C’est là que réside l’intérêt des dividendes pour un investisseur en phase de capitalisation.

      Cordialement,
      le Petit Actionnaire

      1. Merci pour pour votre réponse.
        En ce qui concerne les actions citées, je pense qu’il s’agit de mauvais exemples.
        Ce sont toutes des sociétés où il ne faut clairement pas investir!!!
        Il existe nombre de sociétés qui distribuent des dividendes et qui continuent de croître.
        NextEra, P&G, Apple, Texas Instrument…
        En ce qui concerne le fait de revendre des petites portions de lignes, effectivement, vous avez raison.

        1. Au contraire ce sont d’excellents exemples ! Aujourd’hui, avec le recul, il est évident (dans une stratégie dividendes, donc long terme) qu’il ne fallait pas investir dans les trois sociétés citées. Mais qui pouvait savoir, AVANT que leurs cours respectif ne dévissent, que les actionnaires allaient perdre très gros sur ces dossiers malgré les dividendes versés ?

  3. Il y a quelque chose qui remplace la boule de cristal, c’est l’expérience et l’analyse des entreprises.
    Pour investir en bourse il faut être un peu visionnaire et imaginer ce que sera le monde de demain.
    Ce n’est pas un exercice facile, sans quoi tout le monde serait riche.
    En ce qui concerne EDF et Casino, ce n’était pas très difficile d’imaginer la chute des cours.
    C’est certain que pour des entreprises comme Airbus, personne ne pouvait prévoir…

    1. Anticiper une baisse des cours en se basant sur des éléments factuels est une chose. Prévoir avec certitude que le cours va toucher des plus bas de plusieurs décennies (voir même historiques) en est une autre. Personne ne peut prédire que dans 10 ou 20 ans Apple, TI ou P&G ne seront pas à -50% par rapport à aujourd’hui. Aujourd’hui émettre une telle hypothèse semblerait totalement absurde. Mais de quoi sera fait l’avenir (crises, mauvais choix stratégiques, fraude, …,) ? Personne ne le sait. Donc oui, aujourd’hui les sociétés que vous avez évoqué semblent effectivement être de bons chevaux de course. Mais ça c’est dans le présent.

  4. Des certitudes en investissements, personne n’en n’a.
    C’est pour cela qu’il faut diversifier au maximum pour réduire les risques.
    Après il faut faire preuve de bon sens.
    Investir dans l’industrie pétrolière aujourd’hui par exemple, c’est aller à contre sens de l’Histoire.
    C’est un peu se tirer une balle dans le pied.
    Il existe des entreprises très résiliantes comme Pepsi, Colgate, qui sont extrêmement résiliantes. Elles ont traversé toutes les crises sans dommage.
    Investir en France est assez risqué vu la gestion désastreuse du pays (à part quelques secteurs comme le luxe).
    Il faut fuir toutes les entreprises où l’Etat français à des parts.
    Il semble que les entreprises de technologie ont encore une grande marge de progression.
    L’investissement est toujours un investissement sur l’avenir et l’avenir est toujours plein d’incertitudes

    1. Je suis tout à fait d’accord pour ce qui est de la diversification. Par contre, je ne pense pas que les pétrolières soient finies. L’or noir a encore de belles années de lui, aucune autre source d’énergie n’étant pour le moment en mesure de le cocurrencer. Aux compagnies pétrolières néanmoins d’anticiper l’avenir et de se transformer, au fil du temps, en conséquence.

      Concernant les entreprises françaises, celles du CAC40 (voir certaines du SBF120) sont très tournées vers l’international. Cela réduit donc l’impact que peut avoir leur côté “français”. Mais sinon, oui, il faut fuir au maximum les entreprises dans lesquelles l’État est actionaire. Personnellement je n’ai que Thalès dans ce cas : pour ses activités aérospatiales et de défense.

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