Coupe des dividendes... que faire ?

Coupe des dividendes… que faire ?

J’évoquais récemment, en cette période de crise économico-sanitaire, les différentes alternatives qui s’offraient aux entreprises en terme de versement de dividende. Les jours passant, les annoncent en tous genres (réduction, coupure totale, report) se multiplient. Face à tous ces communiqués de presse, comment peut réagir l’investisseur dans les dividendes face à… la coupe des dividendes ?

Faut-il vendre ses actions diminuant / supprimant leur dividende ?

En temps normal, j’aurais répondu à cette question par l’affirmative. J’aurais avancé le fait qu’une société incapable de maintenir son dividende ne mérite pas de faire partie d’un portefeuille “dividendes”. Oui, mais… nous ne sommes clairement pas en “temps normal”. La crise actuelle est globale. L’activité est réduite, pour ne dire à l’arrêt, sur la très grande majorité de la planète.

Face à une telle situation, un grand nombre d’entreprises, y compris en excellente santé financière, sont dans l’obligation de prendre des mesures exceptionnelles. Ne pas verser de dividendes (ou réduire leur montant) est un moyen de conserver du cash et donc de mieux passer cette période de “vache maigre”. C’est aussi une façon de pouvoir bénéficier des aides de l’État. Considérant ceci, cela s’apparente à un acte de bonne gestion de la part du management des sociétés concernées. Il est évident que la situation est grave, il est donc préférable de ne pas sortir trop de liquidités pour le moment.

En outre, réduire / supprimer les dividendes est également un acte politique fort. C’est le moyen pour les entreprises de ne pas “choquer” une grande partie des citoyens, lesquels ne comprendraient pas que les actionnaires se partagent des dizaines de milliards d’euros pendant qu’eux sont en chômage partiel. Si ne pas verser de dividende n’améliorera pas l’image d’une société, en verser un risquerait par contre de fortement la dégrader.

Bien sûr, ne pas verser de dividende aura des répercussions sur les finances publiques (moins de rentrées fiscales pour l’État). Mais au regard des enjeux en terme d’image (tant pour les entreprises elles-mêmes que pour l’État), ces “pertes” fiscales ne représentent pas grand chose.

Crise globale, bonne gestion, non dégradation de l’image. Tout ceci m’incite à conserver mes lignes de sociétés ne maintenant par leur dividende cette année. Bien sûr, cette conservation va de paire avec la confiance que j’accorde à chacune des sociétés que je possède en portefeuille.

Coupe des dividendes : faut-il continuer d’acheter ?

Les dividendes (ainsi que les cours) baissent. Le moral des investisseurs s’en trouve forcément impacté. A titre personnel voir les cours baisser ne m’émeut absolument pas. Par contre, apprendre, en l’espace de seulement quelques heures, que plusieurs des sociétés de mon portefeuille réduisaient / supprimaient leur dividende cela m’a quelque peu perturbé. Sans être étonné, cela interroge tout de même sur les prochains renforcements du portefeuille.

Néanmoins, il faut garder en tête que les meilleurs achats (les plus rentables) se font quand les cours sont bas. Si je suis bien incapable de prédire quel sera le point bas et combien de temps durera la crise, je considère que dans une perspective (très) long terme, renforcer régulièrement à la baisse est une bonne chose. Bien sûr, il convient de s’assurer de la solidité des entreprises en question.

Sauf à considérer que le modèle capitaliste est mort et enterré, il faut savoir prendre le risque d’acheter (de façon raisonnée et calculée) lorsque les cours ont bien baissé.

Quelles entreprises acheter ?

Il convient de privilégier les entreprises solides :

  • long historique de versement de dividende
  • faible endettement (à relativiser selon l’activité elle-même)
  • leader sur son marché
  • qualité indéniable du management

Ces critères n’assurent en rien qu’il n’y aura pas de coupe des dividendes. Cependant cela offre quelques “garanties de qualité” à l’acheteur (très) long terme. Si je devais citer quelques exemples de sociétés qui me semblent plutôt intéressantes par les les temps qui courent, je dirais :

  • Le secteur du luxe (LVMH, Kering, Hermes, L’Oréal) : Des leaders mondiaux qui seront impactés par la crise actuelle. Néanmoins leur “public cible” (particulièrement aisé) devrait, selon moi, être au rendez-vous dès lors que les tensions sanitaires commenceront à s’évaporer.
  • Le secteur agro-alimentaire : Les grandes sociétés du secteur (Nestlé, Danone, …) subiront un impact. Notamment au niveau de leur production. Néanmoins, les ventes de produits alimentaires devraient être particulièrement soutenues.
  • Le secteur pharmaceutique (Merckx, Roche, Sanofi, …) : Qui dit crise sanitaire dit médicaments. Les sociétés pharmaceutiques devraient pouvoir se sortir de cette crise sans grandes difficultés.
  • Rubis : Je cite cette société que je détiens en portefeuille, car il s’agit de l’une de mes plus fortes convictions. Acteur sur des marchés de niche, peu impacté par la baisse des cours du pétrole et, d’après les communications de la société, devrait pouvoir passer la crise du coronavirus sans trop de difficultés. La qualité du management est évidente.

Peut-on acheter d’autres entreprise ?

Il est important de diversifier son portefeuille. Pour cela, il est nécessaire d’acheter d’autres sociétés. La qualité de celles-ci en tant que “verseuses de dividendes” sera sûrement moindre. Néanmoins, en les sélectionnant parmi celles ayant un long historique de versement, il n’est pas à exclure que celles-ci puissent s’avérer être un bon investissement pour les années à venir, une fois que la crise se sera dissipée.

J’envisage donc, à titre personnel, de poursuivre mes achats de ces “seconds couteaux” (qui restent néanmoins de belles sociétés). Cela se fera avec parcimonie de façon à profiter des baisses des cours sur ces sociétés plus “cycliques” mais ayant un historique de versement de de dividende intéressant.

Je conclurais en écrivant que la coupe des dividendes (en temps de crise), si compliquée soit-elle à vivre pour l’investisseur dans les dividendes, demeure une opportunité. Opportunité de renforcer à moindre coûts des sociétés intéressantes, tout en recentrant son portefeuille sur des entreprises particulièrement résilientes.

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