Faut-il envisager d'acheter Sanofi ?

Faut-il envisager d’acheter Sanofi ?

Précision : Cet article n’est pas une recommandation concernant la société Sanofi. Il ne s’agit que du point de vue du Petit actionnaire sur ce dossier.

Ma position sur Sanofi

Afin d’être totalement transparent quant à la suite de cet article, il m’est nécessaire de préciser que je suis actionnaire du groupe pharmaceutique français Sanofi. L’étendue de ma position est consultable sur la page dédiée à mon portefeuille.

Le contexte actuel pour Sanofi

Alors que l’inquiétude quant à la possible survenue d’une troisième vague de Covid-19 se fait grandissante, les premiers vaccins font sur arrivée sur le marché. Dans le même temps, le laboratoire français a annoncé retarder la disponibilité de son vaccin pour cause d’efficacité insuffisante sur les sujets âgés.

Ainsi, la précieuse formule développée en collaboration avec le britannique GSK ne sera pas injectable avant fin 2021. Sanofi aura donc une année de retard sur ses concurrents les plus rapides. Soit, dans le cadre d’une épidémie, une véritable éternité. Si la situation peut sembler délicate pour le français, ne serait-elle pas, finalement, une bénédiction ?

Tout n’est pas si noir…

Comme l’a si bien dit Jean de la Fontaine dans sa fable Le lièvre et la tortue : rien ne sert de courir, il faut partir à point. Plusieurs possibilités sont alors à envisager dans ce dossier.

Le virus n’est que passager

Dans le cas où la Covid-19 ne serait que passagère et ne deviendrait pas un virus saisonnier comme l’est la grippe, alors le retard de Sanofi / GSK serait très important. Le vaccin tricolore serait alors, possiblement, dépassé lors de son arrivée.

Cependant, il est à noter que plusieurs millions / dizaines de millions de doses ont déjà été pré-achetées par plusieurss États / organisations. Aussi, le laboratoire est assuré de rembourser, à défaut de faire des bénéfices, une partie de ses coût de développements.

Sans oublier le fait que le vaccin du groupe français est prévu d’être disponible à “moins de dix euros”. Un montant relativement faible au regard des importants moyens mis en œuvre pour le développer. Pas certain donc que de gros bénéfices soient envisageables en cas de “one shot”. Dans le cas d’un virus “passager”, avoir du retard pourrait finalement être bénéfique.

Le virus est récurent

Dans ce cas de figure, afficher un retard d’une année n’a pas une grande importance. Au contraire, le groupe pourrait alors arguer que son vaccin a connu un développement plus long et est donc plus sûr. En outre, Sanofi pourra alors, dès la deuxième année de vaccination, faire jouer ses qualités en tant que producteur de vaccins.

Dans cette situation, ne pas être “le premier” n’aura pas une grande incidence. Sanofi placera alors son vaccin dès l’année prochaine, au même titre que l’ensemble de ses concurrents.

Si Sanofi ne parvenait pas à développer son vaccin ?

Il s’agirait certainement de la situation la plus compliquée pour le laboratoire. Néanmoins, la première mouture du vaccin, bien que trop peu efficace sur les personnes âgées, semblait donner des résultats satisfaisants sur les sujets plus jeunes.

De nouvelles études doivent donc être menées avec des modifications de formule. Sanofi n’est donc pas “à côté de la plaque”. Cette option de l’incapacité de développer un produit efficace me semble donc très peu probable. Si elle devait tout de même devenir réalité, le groupe perdrait surement de sa superbe dans le domaine de la vaccination.

Cela ne remettrait, cependant, pas en cause le développement de ses autres médicaments. À commencer par le Dupixent, préscrit contre l’asthme et l’eczéma sévère. Après plus de deux milliards d’euros de chiffre d’affaire en 2019 sur cette seule molécule, le groupe table sur un CA annuel de plus de dix milliards à horizon 2025. Soit l’équivalent de plus d’un milliard de doses du futur vaccin anti-covid de la société.

Le Petit Actionnaire et Sanofi…

Sanofi affiche un Dividende Score plutôt moyen de 4,7. Cela s’explique notamment par une faible croissance du dividende (lequel progresse malgré tout chaque année) ainsi que par un taux de distribution très élvevé en 2019.

Il convient de considérer ce score comme étant un reflet de la qualité (moyenne) du dividende du groupe. Il n’est, cependant, pas interdit de penser que la situation actuelle, aussi dramatique soit-elle, s’avèrera positive pour le groupe ainsi que pour le secteur pharmaceutique dans son ensemble.

Considérant l’ensemble de ces éléments, je considère qu’un renforcement de ligne peut faire sens dans le cadre d’une stratégie long terme. Je n’exclue pas d’acheter Sanofi à l’occasion de mes renforcements à venir.

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