La fiscalité et l’investisseur : les pièges à éviter

Fiscalité et investissement : les pièges à éviter

La fiscalité est un élément primordial à prendre en compte lorsqu’il s’agit de réaliser un investissement. C’est elle qui va conditionner différents aspects de la prise de position future. Il est donc évident qu’il ne faut en aucun cas la mettre de côté. Pourtant, il existe de nombreux pièges dans lesquels il ne faut pas tomber…

A quoi sert la fiscalité ?

Souvent décriée, la fiscalité a pourtant un intérêt certain ; elle est le moyen par lequel l’État va faire rentrer de l’argent dans ses caisses, que ce soit via des taxes ou des impôts. Cet argent servira par la suite à financer l’Éducation Nationale, le système de santé, ou encore l’entretien des infrastructures du pays. Sans entrer dans la moindre considération politicienne, il est évident que la fiscalité est nécessaire.

Bien sur, cela n’enlève rien aux problèmes régulièrement soulevés la concernant :

  • la fiscalité est mal adaptée
  • la fiscalité est trop importante
  • l’utilisation des ressources issues des taxes et impôts n’est pas optimale

Chacun aura sa propre perception des choses, et c’est bien là ce qui compte à ce niveau. Les griefs des uns n’auront pas lieu d’être pour les autres, et vice versa.

Investir pour réduire sa fiscalité ?

Je lis régulièrement des interventions de jeunes (dans le sens « nouveaux ») investisseurs, qui souhaitent investir dans tel ou tel produit car il permet de réduire son imposition. Il est « défiscalisant ». Dans ces cas là, l’investissement n’est pas vu comme un moyen de gagner de l’argent, mais uniquement comme la solution pour « en donner le moins possible à l’État ». Je pense qu’il s’agit là d’une erreur. Une erreur qui peut avoir d’importantes conséquences pour l’avenir.

Tout d’abord, parce que dans la grande majorité des cas, les « placements » défiscalisant ne peuvent être obtenus qu’en passant par des intermédiaires. Des professionnels dans leurs domaines. Très souvent, ces professionnels ne vous vendront que ce sur quoi ils font leur marge. Un commercial est un être humain. Il doit vendre les produits définis par son employeur afin de faire tourner la boite et de conserver son emploi. Peu importe l’intérêt du client dans l’affaire. Du moment que le discours est bien rodé et que le client a le sentiment de « faire une affaire », alors le tour est joué.

Deux petits exemples
  • La promotion immobilière et l’investissement en PINEL (immobilier locatif). Il s’agit là d’obtenir des réductions d’impôts en achetant un bien immobilier et en le mettant en location. Si l’idée peut sembler intéressante, il est à noter que bien souvent ces biens immobiliers sont vendus (par des professionnels)… au dessus du prix de marché, qu’il est nécessaire de les laisser à location pendant un nombre d’années non négligeable, mais aussi qu’il est fort probable de faire une moins-value à la revente. De plus, le prix d’achat élevé couplé au fait que les loyers ne doivent pas dépasser certains seuils (selon le profil des locataires) fait que le rendement annuel des biens est généralement très faible.
    Alors certes, l’imposition aura été réduite pendant que années, mais il y a fort peu de chances qu’elle puisse compenser le manque à gagner (rentabilité) et le « trop dépensé » (prix d’achat au dessus du marché).
  • Les placements financiers conseillés par votre… conseiller bancaire. Celui-ci se présente comme l’interlocuteur qui vous permettra de bien gérer votre argent (au sein de sa banque). En fait il ne s’agit ni plus ni moins qu’un commercial. Il va vous vanter les produits maison (défiscalisant ou pas), en jouant sur le fait que vous n’y connaissez pas forcément grand chose.
    L’assurance vie et le Plan épargne Actions (PEA) sont par exemples deux produits (enveloppes) qui permettent de bénéficier d’avantages fiscaux au bout d’un certain nombre d’années de détention. L’intérêt de votre « banquier » sera bien évidemment de vous vendre ceux que proposent son employeur. Pourtant, votre intérêt à vous serait très certainement de les ouvrir auprès d’autres établissements proposant des tarifs et/ou des services plus adaptés à vos besoins.

Nous voyons bien, dans les deux exemples ci-dessus que tout n’est pas forcément rose. L’une des principales règle est de ne jamais vouer une confiance aveugle aux « conseils » d’autrui. Y compris (et même surtout) si il s’agit d’un professionnel que vous ne rémunérez pas par vous-même.

La fiscalité me coûte de l’argent

Il est bien évidemment nécessaire d’optimiser sa fiscalité.

L’investisseur long terme sur des sociétés du CAC 40 n’aura aucun intérêt à investir via un Compte Titre Ordinaire. Il serait alors taxé à hauteur de 30% (flat tax, pour un TMI supérieur ou égal à 14%) sur chaque rentrée d’argent (plus-value, dividende…). Son intérêt serait sans équivoque d’investir via un PEA et donc de profiter de ses avantages fiscaux.

Pour autant, être redevable d’impôts et de taxes sur ses gains signifie… avoir des gains, gagner de l’argent. Certes l’État pioche dedans (et ce n’est pas agréable), mais il ne le fait que parce que vos investissements vous ont rapporté de l’argent.

Aussi est-il préférable d’être taxé à hauteur de 30% (cas de la flat tax) sur un gain quel qu’il soit ou bien de ne pas être taxé du tout car aucun investissement n’a été réalisé ? Dans le premier cas, votre patrimoine augmente de votre gain (moins les 30% d’impôts / taxes). Dans le second, il est seulement stable.

Les deux solution imparables pour ne pas être imposé / taxé sur ses investissements

Je suis bon prince. Je vous donne tout de même deux solutions imparables (et légales) qui vous permettrons de ne payer AUCUNE  taxe ou impôt au fisc français. La première est d’ailleurs hyper simple à mettre en œuvre et d’une efficacité purement redoutable !

  • Arrangez-vous pour ne réaliser que des moins-values. Ou tout du moins pour qu’elles soient supérieures à vos plus-values. Certes vous perdrez de l’argent, mais au moins le fisc ne vous prendra pas un seul kopeck.
  • Exilez-vous à l’étranger, dans un pays offrant une fiscalité qui vous convient mieux.
Pour conclure
  • Il n’est jamais agréable de devoir payer des impôts / taxes sur les gains…

Néanmoins cela a une utilité certaine. Mais c’est aussi le signe que vous gagnez de l’argent, que vous réalisez des plus-values et/ou engrangez les dividendes. Il est donc totalement illusoire (et contre-productif) de cherche à tout à ne payer aucun impôt. A moins d’être multi-millionaire est de pouvoir vous payer un avocat fiscaliste privé, c’est peine perdue.
Si il est évident qu’il faille optimiser, c’est à dire choisir les supports d’investissement correspondants à votre situation et à vos besoins, il ne faut surtout pas tomber dans l’excès et ne réaliser vos investissements que selon leur fiscalité.

A titre d’exemple, la majeure partie (plus de 90%) de mes positions boursières sont sur CTO. Je paye donc taxes et impôts sur chaque gain que je réalise. Si je ne me basait que sur le côté « imposition », il faudrait que je m’oriente uniquement vers le CTO. Pourtant je le fais en toute connaissance de cause, car cela correspond parfaitement à mes besoins. À savoir :

  • des fonds non bloqués, que je peux retirer quand je le souhaite sans avoir à clôturer le compte.
  • c’est le seul support sur lequel il m’est possible de loger les produits dérivés (bonus cappés) sur lesquels j’investis.

2 commentaires sur “La fiscalité et l’investisseur : les pièges à éviter”

  1. Bonjour
    Je ne sais pas pourquoi beaucoup penses qu’il est impossible de faire un pinel tout seul.
    J’ai acheté un appartement qui initialement devait être mon logement mais que j’ai transformé plutard en pinel (à sa livraison).

    Je l’ai donc acheté au tarif d’une résidence pirndicpale sans frais supplémentaires et la déclaration pinel se fait sur le site impots.gov

    Toutefois globalement d’accord avec ce que vous avez présenté.

    1. Bonjour Trustout,

      En effet, il est parfois certainement possible de faire par soi-même. Et dans ce cas je ne nie pas que cela puisse être intéressant
      Mais cela demande de faire des démarches, de se renseigner, de prendre des décisions après avoir effectué ses propres calculs. Il faut donc savoir / pouvoir / vouloir faire des choix et prendre des risques.

      C’est tellement plus simple, rapide et tranquilisant d’acheter le « package », emballé de belles promesses, et trop souvent de… beaucoup de vent par des professionnels peu scrupuleux.

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