Interview :"On n'investir pas en bourse sur du court terme

Interview : “On n’investit pas en actions pour du court terme”

le mot du Petit Actionnaire

Je vous propose aujourd’hui une interview de Ludovic et Nicolas, co-fondateurs du site Avenue des Investisseur. Au programme, la place de l’investissement en actions dans un patrimoine diversifié. Bonne lecture !

Bonjour Ludovic et Nicolas, pourriez-vous, en quelques mots, vous présenter ?

Bonjour Le Petit Actionnaire !

Ludovic : 35 ans, cadre dans la recherche scientifique, Je m’intéresse à l’investissement en bourse depuis une douzaine d’années. Au-delà de l’intérêt pour développer son patrimoine personnel, la bourse me passionne car c’est l’occasion de suivre des entreprises fascinantes, en particulier celles qui sont à l’origine des bouleversements technologiques et économiques à l’oeuvre dans le monde. Je pense bien sûr aux entreprises de l’internet, mais aussi celles dans l’automobile, et bien d’autres secteurs.

Nicolas : 37 ans, ancien cadre financier (sans rapport avec la finance de marché), devenu passionné par les finances personnelles… et pourtant je n’ai pourtant jamais reçu d’éducation financière. Que ce soit via la famille ou les études, nous n’avons jamais abordé la gestion d’un budget et les finances personnelles. J’ai donc appris sur le tas, pour placer ce que j’ai gagné en expatriation. L’argent n’est pas une fin en soi, mais je veux le faire travailler du mieux que possible. Car plus de revenus passifs, c’est moins de pression à travailler activement, c’est plus de liberté et de sérénité. Et puis je pense que cela sera indispensable pour notre génération, pour ne pas être retraité pauvre.

Comment en êtes-vous venus à créer votre site “Avenue des Investisseurs” ? Que souhaitez-vous apporter à vos lecteurs via celui-ci ?

Ludovic et moi, nous nous sommes rencontrés sur un forum d’épargnants. Depuis 10 ans nous gérons nos finances personnelles et investissons. C’est devenu une passion. Dans le même temps, nous avons écumé le web sans trouver de site vraiment clair pour expliquer comment investir. En bourse, en immobilier, en assurance vie, etc. Il y a des sites bien faits pour des stratégies précises (les actions à dividende, l’immobilier à rendement, etc.), mais finalement pas de site avec une vision d’ensemble.

Alors nous avons décidé de créer Avenue des Investisseurs, pour transmettre au grand public tout ce que nous avons appris. Avec un guide de l’épargne, pour comprendre les bases et construire son allocation patrimoniale globale, et des cas pratiques pour chaque investissement. On voulait faire le site que nous aurions rêvé de trouver il y a 10 ans, quand nous avons commencé à épargner.

L’Épargne (au sens large) devrait-elle être une priorité pour tout un chacun ?

Il y a plein de priorités : la famille, le travail, la santé, etc. Et chacun place ses priorités. Mais on pense que gérer ses finances personnelles devrait être indispensable pour tout le monde, en toile de fond.

Il en va de la responsabilité de chacun, car on ne peut pas compter que sur l’Etat ou son employeur pour garantir son train de vie. On comprend que ça ne va pas être une passion pour tout le monde, naturellement, mais il faut s’y intéresser un minimum et être entrepreneur de son patrimoine. Comme il faut s’intéresser à son capital santé. Sans être pessimiste, quand on voit les projets du Conseil d’Orientation des Retraites, on comprend qu’il va bien falloir assurer ses arrières.

Avec notre site, nous cherchons à éclairer les épargnants sur les meilleures solutions pour développer leur patrimoine. Nous nous adressons à tous les épargnants. Le ton est donc volontairement très pédagogique. Par exemple, dans notre dernier article publié, nous répondons à une question récurrente des nombreux agents du service public : Y a-t-il des placements rentables à la GMF ? (la GMF est le premier assureur des agents du service public). Avec ce genre d’articles, nous souhaitons apprendre aux épargnants à identifier les critères importants pour évaluer les produits d’épargne, et ainsi leur permettre de se faire leur propre avis.

Venons-en à l’investissement en actions, axe principal de développement de ma propre stratégie patrimoniale. Quelle place faut-il lui accorder dans une optique de diversification équilibrée ?

Chacun a sa sensibilité au risque des marchés financiers. Il faut bien mesurer sa résistance face à la volatilité et il ne faut pas que cela empêche de dormir. Donc la place des actions dans un patrimoine est très personnelle. Ceci dit, on pense qu’un patrimoine équilibré devrait compter autour de 25 % d’actions. Pour le reste : de l’immobilier (résidence principale en priorité) et des fonds euros (pour la sécurité). Ce sont les 3 actifs principaux dans une allocation patrimoniale.

Pour autant, de nombreux Français se privent de la performance du marché actions. Il y a moins de 10 % d’actionnaires en France. Même les épargnants à long terme ignorent l’investissement en actions, alors que c’est à long terme que l’on en tire le plus profit ! C’est dommage, quand on sait que le marché actions a rapporté historiquement 7 % par an en moyenne annuelle lissée.

L’investissement en actions présente des risques de perte en capital. Comment ce point doit-il être appréhendé dans le cadre de la constitution d’un patrimoine diversifié ?

On n’investit pas en actions pour du court terme. Il faut bien comprendre que ce n’est pas un jeu (on déteste l’expression “jouer en bourse) et que l’on investit dans du concret, dans des sociétés.

Sur du court terme, l’investissement actions est très risqué. Mais plus on étend l’échelle de temps, et moins le risque est prégnant. Ainsi, sur une échelle de temps de 20 ans, il est quasiment impossible d’être globalement en moins-value (sauf à avoir fait de grosses erreurs, comme acheter et vendre frénétiquement et ne pas diversifier).

Il faut bien comprendre que le marché actions est cyclique. Que l’on passe par des corrections voire krachs passagers, puis que le marché repart à la hausse. Le marché est structurellement à la hausse. Donc il faut investir à long terme et régulièrement (quel que soit le niveau des marchés), et être patient, en gardant son sang froid.

Il existe de nombreuses stratégies d’investissement boursier. Personnellement je me positionne sur des sociétés solides au dividende croissant. D’autres, par exemple, favorisent les plus-values. Quelle approche conseilleriez-vous à un investisseur débutant sa diversification ?

On explique sur notre site comment investir en bourse. Du moins, on explique notre approche, avec nos 4 grands principes :

  • définir son budget actions, par exemple 25 % de son patrimoine en actions. Il s’agit de la cible (on ne va pas l’atteindre du jour au lendemain, il faut l’atteindre progressivement) ;
  • diversifier sur au moins 20 titres. Ou idéalement sur 2 ou 3 trackers, pour s’exposer sur le monde entier. Sans tropisme particulier pour les dividendes, on vise la hausse du portefeuille sur le long terme.
  • investir régulièrement, sans chercher à timer le marché, puisque le marché est imprévisible. Par exemple un achat par mois ou par trimestre, avec la même somme.
  • être patient, quels que soient les sautes d’humeur du marché, et laisser son portefeuille grossir dans le temps. Tout en restant collé à son budget actions ciblé.

Comme vous l’avez expliqué, l’investissement boursier a toute sa place dans un patrimoine diversifié. Pouvez-vous détailler quelles sont les voies de diversification complémentaires qu’un investisseur se doit d’explorer ?

En dehors de la bourse, les épargnants vont pouvoir diversifier leur patrimoine sur d’autres actifs. Notamment l’immobilier : d’abord la résidence principale, puis les SCPI. Il est plus facile de diversifier avec la pierre-papier (SCPI) qu’avec des appartements.

Et puis on peut aussi diversifier grâce à l’assurance vie, sur différents fonds euros. Nous rappelons que les fonds euros offrent la sécurité du capital investi, sans risque de moins-value. Alors que les marchés actions et immobiliers présentent un risque de perte en capital. Et dans un patrimoine équilibré et diversifié, on ne pas investir à 100 % sur des actifs risqués (actions et immobilier), on va aussi protéger une partie de son patrimoine en fonds euro.

Bourse, immobilier… Est-il possible d’entreprendre une diversification patrimoniale avec de petits moyens financiers ?

Pour les épargnants avec de petits moyens, nous pensons que l’assurance vie est l’enveloppe la plus propice pour diversifier.

Sur une bonne assurance vie (il faut bien choisir, sans frais sur versement), on peut verser les sommes que l’on veut, à son rythme, tout en diversifiant sur plusieurs supports d’investissement grâce aux unités de compte : fonds euro, immobilier (SCPI notamment) et actions (fonds d’investissement actifs, ou trackers). C’est un véritable couteau-suisse de l’investissement, pour les plus modestes comme pour les plus fortunés.

Il est aussi possible de diversifier sur plusieurs contrats d’assurance vie. Car il y a des assurances vie plus adaptées au fonds euro, d’autres pour l’immobilier et d’autre pour l’investissement en bourse.

Et l’assurance vie offre un gros avantage fiscal, si on retire les gains après les 8 ans de l’assurance vie.

Pour conclure, auriez-vous un petit mot / conseil particulier pour les lecteurs du Petit Actionnaire ?

Comme Le Petit Actionnaire, nous sommes convaincus que tout le monde (ou presque) peut épargner et investir. Nous avons beaucoup de lecteurs modestes qui nous écrivent et qui arrivent à développer leur patrimoine en épargnant régulièrement. C’est avant tout une question de discipline (et un minimum d’éducation financière). Et sur le long terme, même une petite épargne de 100 € par mois pourra permettre de vivre mieux, avec un patrimoine et des revenus passifs, et plus de sérénité.

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