Salauds d’actionnaires !

« Les dividendes versés par les sociétés du CAC 40 n’ont jamais été aussi élevés » / « Les actionnaires se gavent sur le dos des salariés » / « La majorité des dividendes finissent à l’étranger« 

Cassons du sucre sur le dos des actionnaires …
  • Il est de notoriété publique que les actionnaires sont tous de riches héritiers ou des financiers avides d’argent. Seuls les riches peuvent en effet devenir actionnaires de sociétés, c’est une évidence ! La preuve par exemple : le PEA (Plan Épargne Actions) et le CTO (Compte Titres Ordinaire), les deux principaux comptes permettant de loger des actions et produits dérivés en France, nécessitent des ressources importantes pour être ouverts. Imaginez, il faut remplir un dossier de quelques pages avec presque uniquement des cases à cocher. Il faut ensuite l’imprimer, et pour finir, l’envoyer par la poste. Il n’y a même pas de besoin d’y déposer de l’argent immédiatement. Non, franchement, seule la « caste supérieure » peut s’offrir ce luxe.
  • Mais ce n’est pas tout, il y a encore bien pire ! Les courtiers… Ces vautoùrs qui se gavent pour leur rôle d’intermédiaire. Imaginez un peu. Certains ont l’outre-cuisance de facturer les ordres de bourse les plus basiques à hauteur de quelquesdizaines de centimes d’euros ! Là encore, c’est un effort considérable à faire pour le français moyen.
  • Mais alors vraiment, le plus honteux dans tout ça, c’est qu’aujourd’hui pour pouvoir passer des ordres de bourse, il faut aussi raquer pour payer l’abonnement internet. Car oui, c’est nécessaire d’en avoir un.
  • Et puis il faut aussi savoir se former pour investir en bourse. Lire des livres, faire des recherches en ligne, prendre un peu de temps. Une montagne de choses qui demandent au moins un doctorat en astro-physique de l’économie capitaliste.

Il est vrai que le français moyen de contente de son livret A (pas assez rémunéré à son goût). Il aime aussi les assurances vie de grand mère (proposant plus de frais que de rendement). Sans oublier bien sûr l’argent sous le matelas…

… Ou pas !

Bien sûr tout ceci est à prendre au troisième degré. C’est de l’ironie pure. Être actionnaire d’une société est à la portée de tout un chacun. Toucher un dividende l’est tout autant. Certes l’investisseur qui achète un millions de titres offrant 50 centimes de dividende chacun touchera plus de dividendes (500 000€) que le petit actionnaire qui aura 20 titres (10€ de dividende) en portefeuille. Mais il est de même sur le Livret A. Celui qui possède seulement 100€ dessus touchera moins d’intérêts que celui qui en a 20 000€.

Régulièrement nous entendons parler de salariés qui se plaignent que les actionnaires se partagent plus d’argent que ce qui est proposé en prime d’intéressement. Si je comprends l’amertume et le désarroi que cela peut provoquer, je me demande tout de même pourquoi ces personnes qui se plaignent ne deviennent pas elles-mêmes actionnaires de leur entreprise (si celle-ci est cotée bien sûr).

Le français aime se plaindre. Il aime pointer du doigt les autres. Ceux qui ont quelque chose qu’il n’a pas. Par contre, le français moyen a beaucoup de mal à agir. À faire en sorte de pouvoir profiter lui aussi de ce qu’il dénonce chez les autres. Car soyons honnêtes. La grande majorité de ceux qui se plaignent signerai des deux mains en faisant le poirier avec un orteil dans le nez si on leur proposait de bénéficier des avantages qu’ils sont si prompt à dénoncer chez les autres. Il est tellement plus facile de râler que d’agir…

Aller, je suis sympa et je vais m’acheter un peu le travail aux plus féneants râleurs grands défenseurs des traditions françaises :

  • pour vous former, voyez par exemple ici
  • pour ouvrir un CTO et/ou PEA, voyez par exemple ici
  • pourrne pas payer de frais de courtage chez le courtier proposé ci-dessus, contactez-moi

Le français moyen pourrait donc parfaitement devenir actionnaire. À son niveau bien sûr. Mais c’est possible. Et cette possibilité est ouverte à tous, pas seulement aux « riches » ou aux « nantis ». J’en suis la preuve. Plutôt que de me plaindre de façon stérile, autant agir de façon concrète.

Mais alors, moi aussi je peux le faire ?

Sauf à être allergique aux chiffres, il n’y a pas de raisons. Personnellement quand je veux quelque chose que je n’ai pas déjà, j’agis en conséquence pour l’obtenir (légalement et loyalement bien sûr).

Si je trouve que certains ont de la « chance » de toucher des dividendes je vais tout faire pour me mettre à en toucher moi-même. C’est enrichissant sur le plan des connaissances (découvrir et apprendre des choses que je ne connaissais pas), mais aussi le plan personnel (je ne fais pas que me plaindre / jalouser, j’agis concrètement).

Soyons fous

Savez-vous que si un citoyen français sur deux (34 millions de personnes) achetait ne serait-ce que :

  • 10 actions TOTAL (investissement de 513€), alors les citoyens français pocèderaient environ 13% de la société. Ils se seraient partagé 859 millions d’euros de dividendes en 2018.
  • 9 actions BNP (investissement de 484€), alors les citoyens français pocèderaient environ 25% de la société. Ils se seraient donc partagé 924 millions d’euros de dividendes en 2018.
  • 8 actions DANONE (investissement de 511€), alors les citoyens français pocèderaient environ 40% de la société et se seraient donc partagé plus de 500 millions d’euros de dividendes en 2018
  • 11 actions BOUYGUES (investissement de 417€), alors les citoyens français pocèderaient la totalité de la société. Ils se seraient partagé plus de 620 millions d’euros de dividendes en 2018.
…et même encore plus fous

Imaginez maintenant que seul un français sur cinq (13,6 millions de personnes) achète :

  • 2 actions FNAC DARTY (investissement de 168€), alors les citoyens français pocèderaient la totalité de la société. Celle-ci ne versant pas de dividende, il n’y en aurait donc pas eu à se partager.
  • 16 actions TF1 (investissement de 146€), alors les citoyens français pocèderaient la totalité de la société. Ils se seraient partagés, en 2018, près de 73 millions d’euros de dividendes.

Il en va donc de la responsabilité de chacun pour que l’argent des sociétés françaises ne parte pas majoritairement à l’étranger, mais aussi pour que les actionnaires ne se gavent pas sur le dos des salariés.

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