le Petit Actionnaire
6 octobre 2019 se préparer à un krach boursier

Se préparer à un krach boursier

J’ai déjà évoqué ce type de “phénomène” (le krach boursier) il y a de cela quelques mois. J’abordais alors la question sous l’angle de la marche à tenir lorsqu’un investisseur est confronté à cette situation particulière de marché. Aujourd’hui, je vais aborder les façons de se préparer soi-même (et son portefeuille), afin de ne pas être pris trop au dépourvu lorsque la chute des marchés aura lieu… car elle aura lieu… un jour !

De la joie d’investir…

Vous investissez en bourse. Sans parler de passion, c’est une activité qui vous procure tout de même un certain plaisir. Vous aimez voir les marchés monter, puis baisser, avant de remonter et… ainsi de suite. Les corrections ayant lieu plus ou moins régulièrement ne vous font pas froid dans le dos. Vous les abordez avec plus ou moins de facilité, mais, quoi qu’il arrive, sans réellement paniquer.

Bien sur, vous avez défini une stratégie d’investissement, à laquelle vous vous tenez. C’est le B.A BA pour ne pas partir dans tous les sens et vous éparpiller de façon dramatique (pour vos investissements).

Malgré tout, vous devez absolument garder en tête que de façon régulière (et donc répétée) se produit un krach boursier !

… à une vision d’horreur

C’est bien lorsque les marchés dévissent sérieusement que votre résistance psychologique est mise à rude épreuve. Votre portefeuille est rouge vif, aucune ligne ne sort du lot… vous buvez le calisse jusqu’à la lie.

Pourtant, vous ne vous en rendez pas encore compte, mais vous vivez alors un moment qui deviendra probablement un évènement fort de votre expérience d’investisseur. Ne dit-on pas que c’est en se faisant mal que l’on apprend ? Et là, vous aurez vraiment mal. Mais alors très mal !

Néanmoins, puisque vous vous serez préparés à cette chute des cours (soyez sans crainte, elle se produira tôt ou tard), vous serez alors en mesure de la supporter un peu mieux. Je ne dis pas que ce sera une partie de plaisir, mais ce sera l’occasion de faire les soldes.

Vous savez, les soldes. C’est là où vous avez peur d’aller (les gens se marchent dessus, il est impossible de trouver une place de parking, …). Mais une fois que vous avez surmonté toutes ses difficultés, vous êtes aux anges devant les “réductions” défiant toute concurrence ! À moins que vous ne soyez comme moi, et que vous ne fassiez vraiment pas les soldes…

Préparez-vous au massacre !

Le mot peut sembler un peu fort, mais lorsque votre portefeuille affichera piteusement -50% ou plus, vous ne ferez pas les malins. Si cela peut vous rassurer, le jour où ça arrivera, je ne fanfaronerai sûrement pas non plus. Non franchement, à -50%, je ne vois pas comment désigner cette “gamelle” mémorable comme étant un vrai massacre (financier).

Dans la tête

Le pire peut arriver ! Et il arrivera…

Dans un premier temps, très largement en amont, gardez toujours en mémoire que vous subirez forcément un krach boursier. Vous serez forcément surpris, et probablement choqués, lorsque cela se produira et que votre portefeuille perdra 6, 7 ou 8% (voir plus) en une seule séance. Mais le pire, c’est que cela s’étalera sur plusieurs jours, semaines et mois.

Il est donc primordial d’être bien conscient des risques encourus. Si vous pouvez être surpris de la survenue d’un krach (du type : “mince, je ne l’ai pas vu arriver“), vous ne devez, en l’occurrence, pas être surpris d’en vivre un (du type : “mince, je ne suis pas prêt, que vais-je faire ?“).

La force de caractère…

Alors là, c’est probablement la chose la plus difficile à faire. D’où l’importance de s’y préparer mentalement. Vous devrez être en mesure, une fois que les marchés auront largement dévissés, d’acheter des actions affichant une deuxième, voir une troisième démarque.

Acheter une action qui vient de littéralement se vautrer, sous vos yeux, depuis plusieurs semaines / mois, c’est très compliqué. Pourtant, comme l’avance Warren BUFFETT :

La plupart des gens s’intéressent aux actions quand tout le monde s’y intéresse. Le moment d’acheter est quand personne ne veut acheter. Vous ne pouvez acheter ce qui est populaire.Warren BUFFETT
Achetez seulement des choses que vous serez parfaitement heureux de posséder si le marché s’effondre pendant 10 ans.Warren BUFFETT

N’ayez donc pas peur de vous retrouver contre courant. Achetez lorsque le cours s’est effondré. Mais surtout, n’achetez pas n’importe quoi !

Dans la constitution de votre portefeuille

Les sociétés…

Vous vous demandez sûrement comment est-ce que vous pouvez préparer la survenue d’un krach boursier via la constitution de votre portefeuille ? Et bien c’est tout simple Warren BUFFETT l’a parfaitement résumé en une seule phrase :

Soyez craintif quand les autres sont avides. Soyez avide quand les autres sont craintifs.Warren BUFFETT

Ainsi, il est donc préférable de n’acheter que des sociétés qui peuvent continuer d’exister sur du long terme, à l’issue d’un krach boursier d’envergure gigantesque.

Le cash…

Lorsque les marchés s’effondrent, outre le fait de voir la valorisation de son portefeuille fondre comme neige au soleil, il n’y a rien de plus stressant que de vouloir acheter… mais de ne pas avoir les liquidités nécessaires.

Pour cette raison, il convient d’avoir des liquidités de disponible. Soit parce que vous vous êtes abstenus d’investir la totalité de ce que vous aviez, soit parce que vous aviez initié une couverture (partielle) de votre portefeuille. À titre personnel, j’ai opté pour la seconde option, par l’intermédiaire de certificats floorés.

Dans la répartition de votre patrimoine

Les règles d’or de l’investissement…

Le non respect de ces règles est susceptible de vous coûter très cher. Tant d’un point de vue financier que d’un point de vue moral. Aussi, il est pour ainsi dire vital de ne pas faire n’importe quoi :

  • Avant tout investissement, constituez-vous une épargne de secours (au moins 3 à 6 mois de revenus). N’hésitez à voir un peu plus large et à conserver de côté de quoi changer, par exemple, de voiture urgemment. Comme le disait fort justement Jacques CHIRAC :
Les emmerdes, ça vole toujours en escadrille.Jacques CHIRAC
  • Ensuite, vous ne devez jamais prendre le risque d’investir (en bourse ou ailleurs) de l’argent dont vous savez que vous pourriez avoir besoin à court ou à moyen terme.
  • Pour en finir avec ces règles, ne vous lancez jamais dans un investissement (quel qu’il soit) sans en comprendre les mécanismes ainsi que le fonctionnement. Formez-vous avant d’investir.

Ne misez pas tout sur le même cheval…

Il est dangereux de se constituer un patrimoine qui ne serait basé que une seule classe d’actifs. Ainsi, n’hésitez pas à panacher vos investissements :

  • Plus vous serez jeune, plus votre allocation boursière (prise de risques) pourra être importante.
  • Ne négligez pas non plus l’immobilier. Soit en en possédant du “locatif”, soit en étant propriétaire de votre résidence principale.
  • Posséder des métaux précieux peut faire sens. En particulier de l’or. Sa valeur varie (en général) de façon inverse a celle des marchés financiers. Pas plus de 5 à 10% du patrimoine total.

Les différentes phases d’une bulle spéculative (où la naissance d’un krach)

Qui dit “krach boursier” signifie éclatement d’une “bulle spéculative”. Il est donc intéressant de découvrir (ou de se remettre en tête) les différentes phases d’une bulle spéculative.

Les phases d’une bulle spéculative

Bien malin sera celui qui pourra dire avec précision le niveau auquel nous nous trouvons actuellement. Pour faire simple, voici le differentes caractéristiques de chaque phase d’une bulle. À chacun, ensuite, de se faire sa propre idée :

  • Phase cachée : Elle succède au krach boursier, dès lors que celui-ci est terminé et que les marchés reviennent “à la normale”. C’est en son sein que naissent les prémices du futur krach boursier. Personne n’en a encore conscience.
  • Prise de conscience : Les professionnels de l’investissement commencent à voir poindre quelques esquisses de situations susceptibles de dégénérer (quelques années plus tard) en bulle spéculative suivie d’un krach boursier.
  • Mania : Le grand public était jusque là échaudé et dégouté par le dernier krach ayant eu lieu il y a déjà quelques années). Il commence alors à regarder de nouveau les marchés boursiers comme étant un moyen “sympa” de faire de l’argent “facilement” et “sans risque”. Il (le grand public) achète tout et n’importe quoi sans aucune distinction de qualité, pourvu que ça puisse rapporter un maximum. Les professionnels en profitent pour sortir des marchés en encaissant de juteuses plus-values.
  • Éclatement : Le grand public est rincé. Il découvre que la bourse est risqué. Il se débarrasse à la pelle de toutes ses actions, lesquelles sont rachetées à bon compte par les professionnels.

Ne soyez plus pris au dépourvu

Maintenant que vous possédez l’ensemble de ces éléments, à vous de faire en sorte de ne pas vous retrouvés pris au dépourvu le jour où les marchés décideront de plonger plein sud. Vous avez les cartes en main… faites-en bon usage !

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