le Petit Actionnaire
8 décembre 2019 Petits revenus : Faut-il consommer ou investir ?

Petits revenus : Faut-il consommer ou investir ?

En France, le salaire médian se situe à environ 1800€ par mois. Cela signifie que 50% de la population gagne plus et que 50% gagne… moins. Il vous est possible de vous situer sur l’échelle des salaires français via le site de l’observatoire des inégalités. Dans mon cas, avec 1400€ par mois, je me classe dans les 24% de français les moins bien payés. Ma femme, avec environ 1100€ par mois, se retrouve parmi les 6% les moins bien payés. Nous avons donc de petits salaires. Que devons-nous faire avec ceux-ci ? Faut-il consommer ou investir ?

Bien sûr, par “consommer” j’entends “que devons-nous faire de notre surplus mensuel”. Car OUI, même avec de petits revenus, il est n’est pas inenvisageable d’être à l’aise financièrement. C’est même un challenge perpétuel. Faire face à la vie et à ses surprises, tout en évitant les difficultés financières.

Faut-il consommer ou investir ?

Tout d’abord, vous allez devoir mener une petite réflexion personnelle. Cette question – Faut-il consommer ou investir ? – doit vous amener à vous situer en tant qu’acteur économique à part entière. Vous avez de l’argent (même si ce n’est qu’un petit montant), quelles seront les conséquences de l’utilisation que vous en ferez ?

Couvrir vos besoins primaires

La consommation de base

Certaines dépenses sont inevitables. Je passe sur le loyer / crédit immobilier ainsi que sur tout ce qui est légalement obligatoire, telles que les assurances diverses (habitation, voitures, …). Ce qui m’interesse ici ce sont les dépenses obligatoires… car vitales. Celles dont vous ne pouvez pas vous passer sans mettre votre vie en danger à court terme.

Il vous est nécessaire, chaque jour, de vous nourrir. Vous devez également faire face à des factures diverses (eau, électricité, …) concernant des bien de première nécessité. Il s’agit de tout ce qui touche à la consommation de base. Comprenez que vous n’avez pas la possibilité de vous en passer.

Ces dépenses, vous aller les faire. Elles vont vous coûter assez cher, mais elles assurent, à elles seules, un certain confort de vie. Il n’est plus envisageable, aujourd’hui, de vivre sans électricité ou bien de faire dix kilomètres aller / retour afin de trouver une source d’eau.

La consommation discrétionnaire

Il s’agit, cette fois, de consommer des bien et services qui sont dispensables. Au contraire de la consommation de base, votre vie ne sera pas menacée si vous n’êtes pas abonnés au dernier service de vidéo en ligne à la mode. De même, ne pas avoir le dernier smartphone “à un SMIC” ne sera pas source d’atteinte à votre intégrité physique.

Le principal impact des biens et services de consommation discrétionnaire sera d’apporter un peu de diversité dans votre vie de tous les jours. Notez cependant que “plus de diversité” n’est pas pour autant synonyme “plus de bonheur”. Bien souvent il ne s’agit de rien de plus que du simple confort matériel ou psychologique.

Il n’en reste pas moins qu’avoir un certain confort n’est pas dénué de sens. C’est même necessaire. Vivreà la mode “Cromagnon” n’est as une vie. Le tout étant de ne pas abuser afin de ne pas se retrouver noyé au milieu de dépenses de confort qui au final seront plus un poids (financier) qu’autre chose.

Simple consommateur ou consommateur / actionnaire ?

C’est donc la première étape qui s’offre à vous. Vous devez vous poser soit en tant que consommateur lambda : je paye et j’obtiens un bien / service en retour, soit en tant que consommateur / actionnaire : je paye, j’obtiens un bien / service en retour et j’en profite en tant qu’actionnaire de la société.

Cette seconde option est fort intéressante, dans le sens où vos dépenses, qu’elles soient “obligatoires” (vitales) ou “facultatives” (confort) prennent un tout autre sens. Certes vous dépensez de l’argent, mais en contre partie vous êtes suceptibles d’obtenir quelque chose de palpable en retour (dividendes, plus-values).

B pourien sûr, et je me dois de l’indiquer noir sur blanc, l’investissement boursier est susceptible d’entraîner des pertes en capital. De plus, il ne faut surtout pas investir dans une société pour la seule et unique raison que vous consommez / appréciez ses produits.

Quelques exemples de sociétés francaises

Rien qu’en France, il existe de nombreuses sociétés susceptibles de vous offrir un “retour sur consommation”. En voici une petite liste non exhaustive. À noter que les sociétés suivies d’un ” * ” sont celles que je possède en portefeuille à la date de l’écriture de cet article.

  • Électricité : EDF, Engie, Total*
  • Eau : Suez Environnement, Véolia
  • Hydrocarbures : Total*, Rubis*
  • Banque : Crédit Agricole, BNP, Société Générale, Natixis, Rotschild & Co*
  • Assurance : CNP Assurances, Axa*
  • Télécoms : Orange, Free, Bouygues*, Altice,
  • Alimentation : Danone*, Tipiak, Bonduelle
  • Médias : Lagardère, TF1, Bouygues*

Cette liste est évidement purement indicative et ne revêt en aucun cas un conseil d’investissement dans l’une ou l’autre des sociétés citées.

Ainsi, investir (dans le cas présent en bourse) permet de ne plus être qu’un simple consommateur. Vous devenez propriétaire d’une (petite) part de sociétés. C’est alors une ouverture sur le monde de l’entreprise, qui, vu de l’extérieur, peut sembler particulièrement opaque.

Faut-il consommer ou investir ? Dans le cas présent, considérant que les dépenses sont soit obligatoires soit importantes d’un point de vue confort, la question de consommer ou pas ne se pose pas. Par contre, envisager un investissement est parfaitement envisageable et légitime.

Assouvir un besoin de reconnaissance

Le besoin de reconnaissance pourrait se définir par le fait de suivre la masse (et ses modes) de façon à se sentir intégré à celle-ci. Bien plus qu’une consommation pour vivre et satisfaire son bien être de base, il s’agit là d’une consommation “parasite”.

Si je qualifie cette consommation de “parasite”, c’est parce qu’elle n’ameliorera aucunement votre vie et vous offrira comme seule “consolation” le fait de ne pas vous sentir “has been”, exclu de votre groupe social.

Bien sûr, le sentiment d’appartenance à un groupe est quelque chose d’important. C’est parfois même nécessaire. Pour autant, à partir du moment où le groupe en question empiète sur votre qualité de vie et vous amène à vous retrouver dans des difficultés (notamment financières), alors il devient clairement néfaste pour votre personne.

Exemples de dépenses “néfastes”

De nombreux exemples pourraient trouver place ci-dessous. Bien souvent, il s’agit d’ailleurs de l’achat de bien ou de services qui pourraient tout à fait participer à l’amélioration du confort de vie. Si ce n’est que ces achats sont soit encouragés pour de “mauvaises” raisons (suivi d’une mode), soit réalisés dans un but “m’as-tu vu”.

  • le dernier smartphone hors de prix, là où des modèles cinq à six fois moins chers seraient largement suffisants à l’utilisation qui en sera faite.
  • la grosse voiture neuve totalement hors budget mais qui fera le plus bel effet aux yeux des voisins.
  • les vacances d’été “sur la Côte” à crédit parce que Saint-Tropez c’est plus “IN” que Saint-Malo.

Consommer toujours plus ou bénéficier de la consommation d’autrui ?

Dans la situation présente, vous devrez de nouveau vous situer parmi deux postures diamétralement opposées. Soit (comme précédemment) vous demeurez simple consommateur, soit vous vous positionnez en tant que bénéficiaire de la consommation d’autrui !

C’est à dire que vous profitez, en votre qualité d’actionnaire de sociétés, des dépenses “néfastes” réalisées par autrui. Dites-vous bien que cette position de “bénéficiaire” ne fait pas de vous un profiteur pour autant.

En effet, vous n’êtes pas responsables des choix que font nos congénères. Ils dépensent de l’argent à outrance (dans des biens et services “parasites”), vous utilisez cette situation à votre avantage. Ce n’est ni plus ni moins qu’être malins. Et il n’y a rien de mal à cela.

Faut-il consommer ou investir ? Cette fois, la réponse ne souffre d’aucune ambiguïté. À partir du moment où vous êtes en mesure de supprimer ces dépenses parasites de votre vie, alors investissez !

Comment éliminer les dépenses “parasites” ?

Malheureusement, nous ne sommes pas tous égaux. Certains (dont j’ai la chance de faire partie) aurez cette prédisposition à être “fourmis” là où d’autres, les “cigales”, devront fournir beaucoup plus d’efforts afin d’éliminer ces dépenses parasites de leur vie. Mais que l’on ne s’y trompe pas. Les “fourmis” devront faire attention à ne pas se laisser embarquer par le chant des… cigales !

Fixez-vous des objectifs clairs

La première chose à faire est de vous fixer des objectifs clairs. Qu’ils soient financiers et/ou matériels importe peu. De toute façon, le côté matériel aura, quoi qu’il arrive, une répercussion financière évidente. N’hésitez pas, pour faciliter les choses, à vous astreindre à des objectifs intermediaires. Cela rendra vos objectifsfinaix plus faciles à atteindre.

  • Si vous avez la fâcheuse tendance de changer de smartphone tous les six mois, fixez-vous comme objectif final de le conserver au moins trois ans. Prenez alors comme premier objectif intermédiaire de conserver celui que vous avez actuellement pendant une année. Le second intermédiaire consistera ensuite à le conserver durant deux ans… puis trois ans. Soyez exigeants avec vous-même, mais allez-y progressivement.

Ajoutez également une variante financière :

  • Jusqu’ à présent, votre nouveau smartphone vous coûtait 600€ tous les six mois. Envisagez de diviser ce montant par deux, tout en conservant l’objectif de durée fixé précédemment. Ainsi, au lieu de dépenser 1200€ par an, vous ne dépenserez plus que 300€… Tous les trois ans.

Vous réaliserez ainsi une économie de 3300€ en 36 mois. Soit 92€ par mois, que vous pourrez par exemple investir en actions d’un fabriquant de matériel électronique haut de gamme.

Faut-il consommer ou investir ? Une nouvelle fois sans aucune hésitation, vous devez considérer la mise en place d’investissements.

Pourquoi est-il nécessaire d’investir malgré de faible revenus ?

À partir du moment où vous dégagez un surplus mensuel après avoir effectué l’ensemble de vos dépenses obligatoires, pensez à l’investir ! Dès lors que votre épargne de secours est constituée, c’est vèritablement la meilleure chose à faire afin d’anticiper les années futures.

Le chômage et les retraites

En France il tourne, à quelques dixièmes de points près, autour des 8% de la population active. C’est un niveau relativement élevé, bien qu’il soit actuellement orienté à la baisse. Celui-ci peut faire peur, et c’est parfaitement compréhensible.

Quant aux retraites, il y a toujours plus de pensionnés pour de moins en moins de cotisants. Les réformes se multiplient, mais ne solutionnent jamais le problème du financement. Seul un système par capitalisation pourrait serieusement résoudre le problème. Ou, à la limite, un système hybride.

Investir de façon régulière, même un petit montant, vous permettra de “jouer& sur les deux tableaux. Celui de la répartition ainsi que sur celui de la capitalisation. Si le premier parvient à survivre aux décénies à venir, alors vous aurez gagné. Si jamais il devait ne plus permettre une “solidarité” suffisante, alors votre côté capitalisant vous permettra de ne pas tout perdre. Vous vous créez ainsi un complément de revenus pour l’avenir.

Faut-il consommer ou investir ? Votre nouvel écran plat à 400€ ne vous apportera rien de particulier le jour où vous en aurez besoin. Par contre, les 400€ d’actions achetées en lieu et place de ce joli téléviseur pourront vous être bien plus utiles.

Les risques de l’investissement

Comme deja évoqué précédemment, investir comporte de risques. En particulier de perte en capital. Que ce soit en bourse, dans l’immobilier ou sur n’importe quel autre support.

Un investissement, quel qu’il soit, ne doit se faire qu’après une véritable réflexion. Il convient également de respecter certaines règles de base. Comme par exemple :

  • Se créer une épargne de secours avant d’investir.
  • N’investir que dans des choses que vous comprenez bien.
  • Ne pas considérer l’investissement comme un jeu (pile ou face), mais comme quelque chose de très sérieux.
  • N’investir que des sommes qui peuvent être perdues et dont vous n’aurez pas besoin avant plusieurs années (d’oû l’épargne de secours).
  • Se former avant de passer à l’acte. Cela n’empechera pas de faire des erreurs. Par contre, ça pourra en réduire leur portée.

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