Actions défensives, portefeuille sécurisé

Actions défensives, portefeuille sécurisé

La bourse est source de dangers. Y compris lors d’investissements sur de “grosses” valeurs. Le cours de Renault a été divisé par plus de cinq en moins de deux ans. Celui de Total a été divisé par deux en quelques semaines… La vie d’une action est faite de hauts et de bas. Tout comme celle d’un investisseur. Pourtant, il existe des sociétés qui sont, à priori, moins enclines à donner des sueurs froides à leurs actionnaires. On parle alors “d’actions défensives”.

Les actions cycliques

Avant d’évoquer les actions défensives, parlons quelque peu des “cycliques”. Il s’agit de sociétés qui connaissent régulièrement (à intervals plus ou moins réguliers) de fortes hausses mais aussi de fortes baisses de leurs cours. Ces variations opposées (et importantes !) s’expliquent par les secteurs d’activités sur lesquels sont présentes ces entreprises.

L’automobile, la banque, le BTP et bien d’autres encore sont des secteurs qui vivent en “harmonie” avec la conjoncture économique. Lorsque la croissance est présente, les gens achètent plus de voitures. Ils sont plus enclins à faire des crédits à la consommation, et des constructions immobilières sortent plus facilement de terre. Quand l’économie va bien, les sociétés des secteurs cycliques sont les premières à en profiter. Leurs cours croissent fortement !

Inversement, lorsque se produit un “retournement de cycle”, ces sociétés sont les premières à en souffrir. Elles subissent de plein fouet la dégradation de l’économie et voient alors leurs cours chuter sensiblement.

Sauf que…

Mais, car il y a un “mais”, des entreprises peuvent parfaitement être dans un secteur cyclique tout en étant de véritables valeurs défensives ! Les biens de consommation font partie des “victimes” en temps de crise, et pourtant des sociétés comme LVMH ou Kering ne peuvent en aucun cas être considérées comme étant cycliques.

Faut-il avoir des “cycliques” dans un portefeuille orienté “dividendes” ?

En règle générale, les valeurs cycliques sont les premières à réduire leur dividende lorsqu’une crise économique se produit. C’est tout à fait normal, puisque leur activité diminuant, elles voient leur résultat et leur bénéfice diminuer.

Pour autant, toutes les “cycliques” ne sont pas à mettre dans le même bateau. Il y a, tout d’abord, celles qui sauront ne diminuer leur dividende qu’une à deux fois en temps de crise et qui, le reste du temps, le feront croître de façon régulière. Celles-là pourront trouver une place dans un portefeuille étudié pour percevoir des dividendes. Elles feront office de solutions de diversification, mais aussi de “booster” via un rendement supérieur aux actions plus sécurisantes.

Il existe également d’autres sociétés cycliques, qui, elles, n’auront pas la possibilité d’assurer la pérennité de leur dividende d’une année sur l’autre. Elles peuvent l’augmenter quelques années de suite, et soudainement le baisser sans qu’il n’y ai pour autant de crise. Celles-ci sont à proscrire de la constitution d’un portefeuille “dividendes”.

Quelques valeurs cycliques détenues par le Petit Actionnaire

Je détiens, au sein de mon portefeuille, plusieurs titres que l’on peut qualifier de “cycliques” :

  • Axa, Bouygues, Michelin, Plastic Omnium, Rothschild & Co, Saint-Gobain, …

J’ai intégré ces valeurs à mon portefeuille en toute connaissance de cause. J’ai bien conscience que leurs dividendes respectifs sont susceptibles de diminuer / être coupés en cas de crise. C’est d’ailleurs ce qui se passe actuellement. Pourtant, je reste convaincu par leur qualité et par sur capacité à rebondir dans l’avenir. Qualité qui e déjà été démontrée au cour des crises precédentes. Ce qui n’est clairement pas le cas d’autres titres.

Les actions défensives

Contrairement aux sociétés cycliques évoquées précédemment, certaines peuvent être désignées comme étant “défensives”. Ces valeurs sont celles qui, généralement, soutiendront le portefeuille dans des situations de crise importante.

Ces entreprises sont actives dans des secteurs économiques qui ne sont pas (ou peu) soumis aux cylces. L’alimentaire ou encore la pharmaceutique sont deux de ces secteurs. Car quelle que soit la situation économique, les gens continueront à acheter leurs produits.

Si acheter une voiture ne fait clairement pas partie des préoccupations en temps de crise, il reste absolument nécessaire d’acheter de quoi manger et se soigner. Ainsi, les actions défensives résisteront mieux en temps de crise. Par contre, en temps “normal”, ces actions défensives afficheront probablement une moindre performance que leurs cousines “cycliques”. Ce qui est parfaitement logique puisqu’il n’y aura pas de phénomène de rattrapage de la part des consommateurs.

Sauf que…

Il conviendra tout de même de s’assurer du caractère défensif d’une société avant de l’acheter. Car si un secteur, l’agroalimentaire par exemple, est bien un secteur “défensif”, ce n’est pas pour autant que toute société opérant dans celui-ci pourra recevoir cette qualification.

Faut-il ne posséder que des actions défensives ?

Il faut en posséder, bien sûr. Il n’empêche que, de toute évidence, ne détenir que des actions défensives me semble être une erreur. Y compris dans un portefeuille orienté “dividendes”. Pourquoi ? Je l’ai évoqué précédemment. Se priver de valeurs cycliques revient à déséquilibrer le portefeuille en le concentrant uniquement sur certains secteurs économiques.

Que ces “bons” secteurs soient sur-représentés dans le portefeuille est une chose. Qu’ils ne laissent aucune place aux autres secteurs plutôt cycliques, en plus d’être une erreur stratégique, en est une autre.

Quelques valeurs défensives détenues par le Petit Actionnaire.

Mon portefeuille est composé, entre autres, de plusieurs actions défensives. En voici quelques unes :

  • Danone, L’Oréal, LVMH ou encore Sanofi…

Il est à noter que la plupart de ces sociétés proposent des rendements sur dividende plutôt faible (inférieur à 3%). De plus, ces sociétés voyant leur cours mieux résister en temps de crise, les investisseurs novices ont tendance à toujours les trouver “trop chères”. C’est un biais qui peut être dommageable, dans le sens où l’investisseur pourrait alors décider de ne jamais acheter / renforcer ces lignes dont le cours ne lui convient pas.

À titre personnel j’ai fait l’inverse. J’ai renforcé plusieurs de mes lignes défensives ces dernières semaines, de façon à accroître la qualité de mon portefeuille.

Comment sélectionner des valeurs défensives ?

Tout d’abord, il est possible, en temps de crise, de regarder les titres qui ont le moins baissé. Ce n’est pas une solution miracle, mais cela peut déjà donner un bon apperçu de la qualité (défensive ou cyclique) d’une société.

Ainsi, voici quelques exemples de chutes des cours, en plein coeur du krach boursier dans lequel nous nous trouvons :

  • Renault : -54%
  • Axa : -50%
  • Saint-Gobain : -49%
  • LVMH : -31%
  • Danone : -28%
  • Sanofi : -23%

Le constat est saisissant. Les sociétés défensives ont clairement surperformé les cycliques. Un portefeuille diversifié aura donc mieux résisté qu’un portefeuille dans lequel les dernières citées auraient une place trop importante.

Il existe néanmoins d’autres moyens, complémentaires, pour affiner la sélection des sociétés défensives dans le cadre d’une stratégie dividendes.

Le Dividende Score, la qualité des dividendes

Le Dividende Score est un indicateur que j’ai moi-même créé. Il s’agit d’une note attribuée à chaque société, de façon à pouvoir sélectionner celles qui offrent les meilleurs attribus (d’après l’analyse de six critères) dans l’optique d’un investissement dans les dividendes. Plus la note tend vers 10, plus la qualité de la société est grande.

Pour répondre l’exemple des six sociétés déjà citées ci-dessus, comparons cette fois leur Dividende Score :

  • Renault : 1,0 (très mauvais)
  • Axa : 4,0 (mauvais)
  • Saint-Gobain : 3,6 (mauvais)
  • LVMH : 8,8 (excellent)
  • Danone : 5,4 (moyen)
  • Sanofi : 4,7 (moyen)

Le Dividende Score est calculé pour les 120 plus grosses sociétés françaises cotées, lesquelles font partie de l’indice SBF120. Il n’est pas suffisant pour déterminer la qualité “défensive” d’une société. Ce qui est plutôt normal, puisqu’il n’a pas été conçu pour cela.

Il permet tout de même de se faire une idée de qu’elles sont les sociétés cycliques. Celles dont les caractéristiques générales sont à priori les moins intéressantes pour un investisseur dans les dividendes. Si il ne permet pas de sélectionner de valeurs particulières, il en exlue d’office un certain nombre.

Pourquoi faudrait-il acheter des sociétés avec un Dividende Score plus faible ?

Renault, avec un très mauvais Dividende Score, ne doit pas faire partie d’un portefeuille “dividendes”. C’est une évidence. Par contre, Saint-Gobain ou Axa peuvent, elles, prétendre à intégrer ce type de portefeuille, afin d’apporter une diversification. Tout simplement parce que ces sociétés savent (hors période de crise) offrir à leurs actionnaires un dividende régulièrement croissant et payé chaque année.

Bien sûr, l’idéal serait de n’acheter que des sociétés dont le Dividende Score serait compris entre 7 et 10. Sauf que dans ce cas le portefeuille en question serait bien trop cocentré sur certains secteurs et se priverait de “booster” de rendement, lesquels présentent un certain intérêt.

Il est tout à fait possible, par contre, d’utiliser le Dividende Score de façon à décider de la pondération de chacune des lignes :

  • < 5 : ne mettre en place que des lignes partielles, dont le poids ne représenterait, par exemple, pas plus du tiers de ce qui est alloué à une ligne présentant un Dividende Score excellent.
  • 5 ≥ DS < 7 : mettre en place des lignes représentant au maximum les deux tiers du poids d’une ligne de qualité “supérieure”.
  • ≥ 7 : mettre en place des lignes complètes.

Cela permettrait d’allier sur-représentation des actions défensives sans pour autant totalement mettre de côté certaines “cycliques” présentant un intérêt. Le tout en s’assurant de posséder un portefeuille de qualité dans une optique de perception pérenne de dividendes.

DS Portfolio, évaluez la qualité de votre portefeuille

DS Portfolio est, tout comme l’est le Dividende Score, un outil de ma création. Si le Dividende Score permet d’évaluer la qualité de chaque entreprise, DS Portfolio est la solution afin d’évaluer le niveau de qualité globale du portefeuille. Ces deux outils sont complémentaires l’un de l’autre.

Un portefeuille diversifié et faisant la part belle aux valeurs défensives devrait ainsi tendre vers une note globale comprise entre 6 et 7. De quoi offrir un portefeuille équilibré entre entre sécurité (actions défensives), diversification sectorielle (intégration d’actions cycliques) et pérennité des dividendes (Dividende Score global de bon niveau).

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